534 pages avant la fin du monde


Quatre quarts misanthrope
6 mars 2012, 19:25
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Parce qu’il y a des jours où tu referais bien le portrait de certaines personnes avec tout ce qui te tombe sous la main. Mais il paraît qu’il y a des lois, et qu’à moins d’avoir un diplôme de chirurgien ou d’esthéticienne on n’a pas vraiment le droit de s’attaquer à la tronche de ses congénères à l’arme blanche sans s’attirer de sérieux ennuis. Dommage, j’ai pas choisi la bonne voie.

Parce qu’il y a des jours où t’es pas d’humeur à supporter trop longtemps les excuses toutes moisies d’une bande de fumistes arriérées qui croient franchement que tu vas gober n’importe quoi, et qui attendent bien sagement sans rien foutre que tu abattes le boulot de cinq personnes à toi toute seule et sans broncher… ce que t’es au final bien forcée de faire. Joie des travaux de groupe qui ont certainement été inventés dans le seul but de me pousser à bout.
Si vous cherchez un moyen de tester jusqu’à quel point vous êtes capable de vous maitriser avant de piquer une crise de nerfs : reprenez des études et essayez de supporter cinq jours sur sept et pendant quatre ans une bande de mômes de quinze ans de moins, abrutis et ignares et qui en plus se prennent pour les rois du monde.

Et parce qu’il y a des jours où on s’enfermerait bien chez soi à double tour pour quelques mois, ou plus, histoire de respirer un peu. Je fuis déjà ce genre de personnes autant que possible mais il faut croire que c’est pas encore assez. Je vais finir par aller me construire une cabane en haut d’une montagne (et une deuxième à côté pour stocker tous mes bouquins) et je lirai pendant des heures et des heures et des jours et des nuits jusqu’à devenir aveugle et je parlerai aux marmottes, aux vaches et aux bouquetins parce qu’eux au moins c’est pas des p*t*in de têtes à claques !

En attendant je fais du quatre quarts. Pour se défouler dans l’immédiat c’est toujours mieux que les coups de pieds dans le mur. Je vais devenir la reine du beurre pommade en trois minutes même quand il sort du réfrigérateur. J’ai déjà tordu plusieurs cuillères, mais il fallait bien deux ou trois innocentes victimes pour me calmer les nerfs.

Quatre quart miel, oranges et bergamotes vindicatif :
Il vous faut une orange et deux bergamotes bio (ou pas, après tout si vous voulez vous empoisonner c’est votre affaire), trois œufs, leur poids (sans les coquilles hein) en beurre, farine T55, et la moitié de ce poids en cassonade, et autant de miel de fleurs sauvages, une c.c. de sel de Guérande, une c.c. de levure chimique.

Travaillez le beurre en pommade et ajoutez-y le sucre, le miel, puis les œufs battus et mélangez bien. Ajoutez la farine, le sel et la levure et mélangez énergiquement pour supprimer les éventuels grumeaux. Incorporez les zestes rapés des deux bergamotes et de l’orange, et le jus des deux bergamotes et d’une moitié de l’orange.
Enfournez dans un moule à cake 40 minutes à 160 degrés.

Et si vous n’êtes toujours pas calmé le lendemain au petit déjeuner, vous pouvez même y ajouter de grosses cuillères de confiture.



Modernité et confitures
27 février 2012, 17:24
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Parce qu’aujourd’hui on est moderne… Sauf qu’on n’a toujours pas d’iphone, ni de machine à pain ni Kitchenaid et autres trucs tout nazes qui ne font même pas le café, en plus. On n’a même pas les chaines du satellite, juste la parabole (laissée là sur le toit par les anciens propriétaires qui n’avaient pas envie de la dévisser). On n’a pas encore trop compris à quoi servent un nail bar, un life coach ou un ipad (c’est comme mon macbook mais en moins bien c’est ça ? le coach je veux dire). On fait toujours nos confiotes à la maison dans une marmite de l’âge de ma grand-mère et on a un peu de mal à faire confiance à des gens qui n’ont pas connu les Raiders et Bibifoc…

C’est là que tu comprends que t’as vieilli. Quand tu te rends compte que t’es passé de l’époque à laquelle t’essayais d’expliquer par aplusbé à tes parents ahuris ce qu’était Internet et le php avec ta tête de geek de fin des années 90 qui jouait à Counter Strike en réseau pendant des heures au lieu de dormir la nuit, à celle où c’est toi qui maintenant regarde les mômes l’air effaré quand ils essayent de t’expliquer d’un air sérieux que si t’as pas l’appli machin qui envoie tous tes trucs sur ta page facebook n’importe quand n’importe où même pendant que t’es en cours t’es vraiment trop has been (enfin non parce qu’aujourd’hui c’est trop has been de dire has been, enfin tu me comprends)…

Mais on a testé la livraison à domicile (vois comme on résiste bravement à se laisser enterrer comme de vulgaires fossiles antédiluviens et qu’on sait nous aussi savourer les plaisirs de la modernité) ! Pas celle de Monoprix, qui j’en suis sure ne manque pas d’avantages, mais la livraison Barbara fruits et légumes frais en 48h dans ta boite aux lettres !

Parce que je vis retirée de toute civilisation et ici on ne trouve pas de bergamotes. Enfin si, j’en ai vu dans une petite boutique quelques jours après, mais il n’y en avait que trois et ça aurait fait un peu juste pour une dizaine de pots de confiote… Et Barbara qui habite là où on trouve tout plein de boutiques avec tout ce qu’on veut à l’intérieur m’a fait un petit paquet. Ou plutôt un gros. Qui contrairement à ceux qui contiennent des pots de confiote est arrivé indemne, son contenu également.
Donc j’ai refait la grand-mère, parce que c’est ce que je sais faire de mieux.

Pour 10 pots de confiture d’oranges et bergamotes il vous faut :
1,4kg de bergamotes et 1,4kg d’oranges (bio, et pas ces nouveaux attrape-crétins de fruits « non traités après récolte » parce que du coup ils sont traités avant récolte et t’avales presque autant de saloperies quand tu manges la peau), 1,5kg de sucre en poudre, 1,5kg de sucre enrichi en pectine, 200ml d’eau.

La veille au soir (prévoyez bien trois heures, c’est long), lavez vos fruits, coupez-les en deux, retirez les pépins avec une pointe de couteau et tranchez-les finement à la mandoline. Coupez ensuite les tranches en 4, et rassemblez tout dans un très grand saladier en essayant de ne pas perdre trop de jus. Le mieux c’est de s’installer sur une planche à découper moderne avec un récupérateur de jus creusé tout autour (comme quoi aujourd’hui on ne fait pas que des conneries inutiles).
Ajoutez les sucres par dessus, recouvrez d’un torchon propre et laissez macérer une nuit, de préférence dans une pièce à laquelle le chat n’a pas accès.

Le lendemain versez le contenu du saladier dans une grande marmite. Ajoutez l’eau et portez à ébullition en remuant régulièrement et laissez cuire à petits bouillons 30 à 40 minutes. La partie blanche de la peau des fruits doit devenir translucide.
Faites bouillir vos pots, couvercles, entonnoirs et le reste quelques minutes dans une grande marmite d’eau pour les stériliser.
Quand la confiture est cuite remplissez vos pots à ras, fermez bien, retournez et laissez refroidir complètement à température ambiante. Remettez vos pots dans le bon sens le lendemain.

Barbara je t’enverrais bien un pot mais il va falloir avant que je me renseigne sur ce qui se fait de très moderne pour protéger les trucs cassants, je voudrais pas qu’il arrive dans le même état que celui de Noël malgré ses quatre épaisseurs de papier bulle…
Et à propos de trucs modernes, quelqu’un peut m’expliquer à quoi sert Pinterest ? J’avoue que j’ai du mal à suivre…



La tarte aux châtaignes d’Amélie
21 février 2012, 20:19
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Parce qu’il m’arrive des fois de préparer des plats qui ne contiennent pas de fromage. Je sais c’est rare, il me faut une bonne raison (c’en est une), mais tout de même.
Et parce que peu de temps après Noël j’ai reçu un joli cadeau de la part d’Amélie, que je n’ai pas été la seule à apprécier à la maison. Non, le chat orange n’en a pas encore mangé les pages (il a par contre essayé à plusieurs reprises se fourrer son museau dans le saladier pendant que je préparais les recettes).
Mais Chouchou a ses pages préférées, qu’il ne mange pas non plus rassurez-vous, mais qu’il contemple régulièrement avec sur la figure un air implorant de dis-tu-voudrais-pas-me-préparer-la-terrine-là-et-je-sortirai-la-poubelle-pendant-trois-semaines-promis-promis-je-te-jure. Oui bon je sais c’est déjà lui qui sort la poubelle tous les jours. Et je lui ai toujours pas fait sa terrine. Je serai maudite jusqu’à la fin des temps et j’irai brûler en enfer.

Par contre je lui ai déjà fait deux fois la tarte aux châtaignes en l’espace de deux semaines. La page de la tarte c’est ma page préférée, enfin c’était, maintenant c’est aussi une des siennes, on va finir par se battre, Amélie tu devras décider de qui aura la garde de ton bouquin après le divorce ! C’est ta faute.
Mais maintenant j’ai une nouvelle tarte préférée à ajouter à ma liste déjà longue de tartes préférées

Mais je suis très méchante, je l’ai un petit peu transformée. Parce que je voulais faire une tarte très très épaisse alors j’ai divisé par deux les quantités d’ingrédients de la pâte, en conservant la totalité de l’appareil, pour avoir une tarte plus petite mais doubler l’épaisseur.

Pour la pâte (doublez les quantités pour la recette originale et utilisez un moule plus grand) : 125g de farine de châtaignes, 62,5g de beurre, ½ œuf battu, 35g de sucre en poudre (j’ai utilisé de la cassonade), ½ c.c. de crème fraiche entière, une pincée de sel.

Pour l’appareil : 200g de purée de châtaignes, 125g de miel de châtaignier, 2 œufs battus, 50g de poudre d’amandes (amandes effilées dans le livre, mais je m’en suis rendue compte après avoir acheté des amandes en poudre haha… mais c’est très très bon comme ça aussi), 15cl de crème fraiche entière, 1 petite c.s. de farine de châtaignes (que j’ai rajoutée, vu l’épaisseur de mon appareil j’ai eu peur que ça s’écroule si ça n’était pas assez ferme), une pincée de sel.

Mélangez les ingrédients de la pâte avec les doigts tout en essayant d’empêcher le chat orange de gober le bol d’œufs crus (c’est son plat préféré…), et étalez dans un cercle de 18cm de diamètre sur une plaque recouverte de papier cuisson. Piquez la pâte à la fourchette et faites-la précuire à blanc une petite vingtaine de minutes à 180°C.
Mélangez les ingrédients de l’appareil, versez dans le fond de tarte et enfournez à nouveau une demi-heure (20 minutes seulement si vous faites une tarte plus grande et moins épaisse).

Laissez refroidir avant de goûter, sinon ça brûle la langue vraiment très fort…
Et prévoyez de quoi en refaire une bientôt (ou planquez le reste de la tarte si vous n’êtes pas seule à la maison), c’est tellement bon que ça se mange vraiment vraiment très vite…





Et la semaine prochaine je fais le pain de petit épeautre !




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