534 pages avant la fin du monde


La soupe et le petit gratin d’hiver, le confit de fenouil et la partie de foot des employés de la Poste.
23 octobre 2009, 14:43
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Parce que la glacière peut contenir beaucoup plus de fromages que vous l’imaginez, et que les petites tartes du nord n’ont fait qu’entamer la réserve de Carré d’Avesnes qu’on a rapporté (avec d’autres fromages aussi mais je vous en parlerai plus tard). Parce que Chouchou avait acheté plein d’endives la veille et parce que j’ai trouvé un petit colis dans ma boite aux lettres à mon réveil, à 14h (oui, je sais, la France qui se lève tôt, tout ça, prout !) et qu’il contenait plein de bonnes choses.

Chouchou n’était pas encore réveillé et on l’apercevait à peine sous les poils de Gunnar, qui est à peu près deux fois plus gros que lui alors il avait l’air vraiment petit. J’ai préparé le café et je me disais qu’on devrait offrir des ballons aux gens qui travaillent à la Poste, ça éviterait qu’ils jouent au foot avec les paquets qu’ils transportent.
Et puis Gunnar a réveillé Chouchou un peu avant 15h30 parce que franchement moi j’aurais pas osé, j’ai servi le café et les cookies étaient fabuleux, même s’ils étaient un peu cassés. Elle écrivait qu’ils étaient trop plats mais moi je les ai trouvés parfaits (Chouchou a dit qu’ils étaient aussi bons que ceux d’une pâtisserie où on aime bien en acheter).

Il y avait aussi un mignon petit bocal de confit de fenouil (il faudra que je lui pique la recette), que j’ai d’abord goûté à la petite cuillère et j’aurais bien tout mangé comme ça, et je me suis dit que ça aurait été fantastique avec le diner de la veille. Mais plutôt que refaire les petites tartes, j’ai utilisé presque les mêmes ingrédients pour en faire deux petits plats différents.

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Velouté d’endives au Carré d’Avesnes et confit de fenouil :

Pour 4 tout petits bols il vous faut 1 grosse endive, 1 pomme de terre de taille moyenne, 1 petite échalote, 1 c.s. de crème fraiche épaisse, 1 c.s.de mascarpone, un filet d’huile de noix, une petite poignée de persil frais, une belle tranche de Carré d’Avesnes, 2 c.c. de maizena, 2 c.c. de confit de fenouil, sel, poivre, et deux grosses tasses d’eau.

Dans une casserole portez l’eau à ébullition et ajoutez l’endive coupée en lamelles, l’échalote émincée, la pomme de terre épluchée et coupée en petits morceaux. Cuire à feu doux et à couvert une 20aine de minutes. Hors du feu ajoutez le fromage et attendez qu’il fonde. Ajoutez ensuite le reste des ingrédients. Mixez et remettre sur le feu une 10aine de minutes en mélangeant régulièrement pour que ça épaississe un peu.

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Petit gratin d’endives et pommes de terre au Carré d’Avesnes et fenouil confit :

Pour 2 petits gratins il vous faut 1 petite endive, 1 petite échalote, 2 petites pommes de terre, 2 tranches de Carré d’Avesnes, 2 c.c. de fenouil confit, 2 c.s. de crème fraiche liquide, huile de noix, quelques cerneaux de noix, sel, poivre, persil frais.

Préchauffez le four à 240°C.
Cuire les pommes de terre à l’eau et coupez-les en dés. Coupez l’endive en lamelles et émincez l’échalote. Répartir dans deux gros ramequins. Ajoutez par-dessus la crème fraiche et un filet d’huile de noix, salez et poivrez légèrement. Ajoutez ensuite les tranches de fromage, le persil haché, le fenouil confit, quelques brisures de cerneaux de noix et enfournez une bonne 10aine de minutes.
Servir avec la petite soupe et des mouillettes de pain grillé.

Dans le colis il y avait aussi une jolie petite bouteille de crème de calvados, celle de ses verrines avec le coulis de chocolat pour lesquelles on vendrait bien les gamins des voisins du dessus sans aucun scrupule.
Mais ça me donne aussi plein d’autres idées de petits desserts éméchés…



Ólafur, la machine à soupe, les nashis poêlés et les mangues kent, les supermarchés encore, les tartelettes du nord, le sac vert, et la barquette de frites (pleine de ketchup Heinz).

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Parce que juste avant de partir en weekend c’est le moment idéal pour faire des courses de trucs à manger tout le monde le sait. Mais on sortait de chez ma mère et elle a dit à Carrefour il y a des rebloch en solde alors forcément. Mais à côté du rayon des fromages il y a les fruits et il y avait des mangues au nom bien joli alors forcément. On trouverait bien quoi en faire. Et le soir on a fait fondre le rebloch sur des pommes de terre et ça rappelait les vacances, les pique-niques en montagne et le monsieur à la tartiflette géante.

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Les mangues se sont fait une place dans le gros sac, pas très loin des deux pâtissons, des carottes et des citrons, et de Pidou Pidou mon lapin en peluche qui se grignote les orteils quand on le surveille pas. Et sur le chemin il a fallu s’arrêter trois fois, d’habitude on fait une pause au milieu, toujours à Reims pour boire un café mais j’avais attrapé un gros rhume et le bruit de la voiture me donnait mal à la tête alors on a visité plusieurs aires sur l’autoroute.

Et quand je suis malade j’ai des envies bizarres, je n’aime plus le café et j’ai envie de soupe, et à défaut d’avoir mon mixeur sous la main la machine à soupe est venue à mon secours, comme la machine à café mais en mieux, t’appuies sur le bouton et elle te donne un gobelet plein de soupe (moyennant 1.5 euros pour moins de 10cl de poudre réhydratée mais ça casse la magie du truc). Et même si ça donnerait des boutons à ma grand-mère, le truc à l’asperge était plutôt bon, même si à mon avis il devait sûrement contenir à peu près 1,2% d’asperge et 98,8% (vous avez vu comme je sais bien compter) de machins chimiques, et dans l’autre aire j’ai pris tomate parce que quand je suis malade je trouve que les soupes de l’autoroute elles ont un goût magique.

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Le médecin d’ici a dit que j’avais une grosse rhino-pharyngite, il m’a donné des antibiotiques mais on s’est dit qu’on pourrait aussi me soigner avec des frites (encore une bonne excuse mais maintenant vous avez l’habitude) parce que je vous l’avais pas dit mais à peu près une fois par mois on part en weekend au pays des frites et le monsieur pas très loin de l’hôpital (il a dit que bientôt il allait peut-être changer d’endroit) c’est lui qui fait les meilleures du monde, qui épluche les patates avec ses petites mains et qui fait des vraies frites qui sont tellement bonnes avec une tranche de Père Joseph (moi je dis Papi Joseph mais vous auriez pas compris) et quand même pas mal de ketchup Heinz parce que depuis cet été non je n’ai pas honte je mange un peu trop de Ketchup Heinz.

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Mais avant d’aller chercher les frites on est allé à Auchan à côté, et j’ai trouvé un joli patidou vert et orange avec des petites taches mais surtout Ólafur. Au début j’ai hésité, entre Ólafur et Rauno Rämekorpi, mais Ólafur l’ours des neiges c’est quand même un nom bien chouette. Il prend toute la place dans le lit et il tient chaud, mais Chouchou n’est même pas faché, il s’en est acheté un aussi puisque c’est comme ça, et il s’appelle Gunnar, comme Huttunen, le meunier hurlant. Ólafur s’entend plutôt bien avec le reste de la famille, on dirait même qu’ils ont des goûts similaires en matière de lecture…

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Au bout de quelques jours de cachetons divers et variés et de pchits dans le nez on a quand même pu aller se promener, acheter un merveilleux sac vert qui a l’air d’avoir passé 30 ans dans un grenier, regarder les belles vitrines et quelquefois entrer, manger une jolie pâtisserie jaune et orange sur place, une tartelette à la crème à emporter (il faudra qu’on en fasse) en marchant sur les pavés, repartir avec des fromages plein de sac.

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Parce que des fois ça arrive, à peu près un weekend sur cinq qu’il y ait un peu de soleil, si si, entre deux tempêtes de pluie.

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Et à Leclerc il y avait des nashis. On en avait déjà vu à Dijon, à Carrefour entre les pommes et les poires. En fait c’est comme une poire, presque blanche, très croquante mais en forme de pomme et qui vient du Japon, de Chine, ou de Corée des fois aussi. On peut les croquer comme ça, mais à la poêle avec une petite tranche de beurre et un filet de miel sans enlever la peau c’est fantastique aussi.

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Et une fois rentrés, parce qu’il pleut beaucoup ici aujourd’hui (d’habitude c’est le contraire), que le frigo est plein des fromages rapportés et que Chouchou a bravé la tempête pour aller chercher des endives à Intermarché, j’ai préparé des petites tartes, qui ont le goût des jolis weekends sous le ciel souvent gris de là ou Chouchou habitait quand il était petit (et un peu moins petit aussi).

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Pour 5 petites tartes du nord :
Une pâte à pizza maison (mais remplacez l’huile d’olive par de l’huile de noix), 1 échalote, 1 endive, 5 c.c. de crème fraiche épaisse, un morceau de Carré d’Avesne (un autre fromage de là bas), un morceau de Père Joseph, ciboulette, huile de noix, quelques cerneaux de noix, poivre.

Préchauffez le four à 240°C.
Découpez des petits ronds dans la pâte étalée et tartinez de crème fraiche. Garnir d’échalote et endive émincée, ajoutez une belle tranche de fromage par-dessus (sans les mélanger, faites des tartelettes au Père Joseph et d’autres au Carré d’Avesnes, vous pouvez même mettre autre chose si vous n’en trouvez pas). Ajoutez la ciboulette, des brisures de cerneaux de noix et un filet d’huile de noix, poivrez, et enfournez une 10aine de minutes.

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Les courges mystérieuses et les feuilles d’automne, le fromage italien, les oranges et le vieux dictionnaire.

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Parce que je ne fais pas toujours mes courses sur le marché, voilà le mythe s’effondre. Et parce que ce jour là, au rayon des légumes de Carrefour il y avait une montagne de courges diverses et variées qui manquait elle aussi de s’effondrer. Parce que d’habitude c’est bien organisé, les pâtissons dans un coin, les potimarrons ailleurs, avec chacun son étiquette et son prix au kilo. Seulement ce jour là le monsieur qui trie les légumes devait avoir la flemme, ou alors il était tranquillement chez lui, en train de se remettre de sa grippe A au fond de son lit ou de cuver sa bière. Tout était au même prix et portait le doux nom de cucurbitacées.

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Et j’en ai trouvé des belles, toutes mignonnes pas plus grosses que des oranges, on pourrait presque croire à des mini courgettes rondes et jaunes mais non. La bonne demi-heure qu’il m’a fallu pour seulement en couper 3 en tranches m’a confirmé que non, ça n’avait rien à voir.
Je suis donc repartie avec 5 petits potirons du pays des minipouces sans connaître leur nom mais finalement est-ce que c’est grave ?

Passée donc la demi-heure de découpe laborieuse qui a failli me coûter 3 doigts (jamais vu une peau aussi dure) j’ai ouvert frigo et placards à la recherche de ce que j’allais bien pouvoir mettre avec, et j’ai jeté mon dévolu sur le reste de scamorza fumée, une orange, l’huile de noix et le poivre du Sichuan (que j’avais déjà mis dans ma poêlée de pâtisson et potimarron au citron qui fut un franc succès n’ayons pas peur des mots…).

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Et même si le centre commercial un samedi après-midi c’est pas ce qu’on trouve de plus glamour pour faire ses courses, le fantastique parking à deux étages dispose tout de même de très jolis arbres, qui font de très jolies feuilles, qui font de très jolies photos même si la bonne vingtaine de clients grincheux et blasés qui sont passés à côté me dévisageaient comme si je tombais de la Lune. Parce que franchement, prendre les feuilles et ses pieds en photo, n’importe quoi hein, faire ses courses en tirant la tronche c’est bien plus marrant. De toutes façons je les em****, tous ces gens râleurs et hargneux, moi je sais faire le corbeau en rentrant des courses, en courant dans l’impasse avec les bras comme des ailes, même habillée tout en rouge je suis un corbeau rouge et puis voilà !

Pour un Chouchou et un corbeau rouge, en début de soirée, après avoir rapporté de chez Gibert un petit dictionnaire jaune, vieux mais peu abimé, acheté d’occasion pour 2.60 euros, sûrement rempli de vieux mots et il y a même un lexique gastronomique : 3 courges mystères, un bon morceau de scamorza fumée, une orange non traitée (jus et zeste), huile de noix, sel, poivre du sichuan.

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Coupez les courges en tranches en gardant la peau et disposez-les dans un plat ou sur une plaque, ajoutez par-dessus un filet d’huile de noix, le zeste rapé et le jus d’une orange, salez légèrement, déposez des petites tranches de scamorza fumée par-dessus et saupoudrez de poivre du Sichuan. Enfournez une 20aine de minutes à 220°C.

Une fois cuite la courge mystère s’est révélée toute fondante et douce, avec un petit aspect filandreux qu’on retrouve dans les courges spaghetti. La peau était dure comme du bois par contre, encore pire qu’avant la cuisson mais la chair s’en détachait très facilement. Le goût fumé du fromage se marie tellement bien avec, que même si ces courges n’ont pas de nom (« pumpa » dit le petit dictionnaire), heureusement qu’il reste de quoi en refaire encore…

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