534 pages avant la fin du monde


Aoste, sa fontina, son jambon (que même moi j’ai mangé !), ses toilettes publiques, et le voisin bruyant.
23 juillet 2010, 16:32
Filed under: VOYAGE VOYAGE


Parce qu’on a beau se coucher un peu tard, vu que le propriétaire de l’appart du dessus se croit visiblement seul au monde, on est réveillés en fanfare (de perceuse marteau et autres horreurs dignes d’un chantier de voirie) tous les matins un peu avant 7h. Cela dit c’est charitable de sa part, ça nous économise un peu de batterie de nos portables puisqu’on n’a pas besoin de les faire sonner pour se lever. En même temps, on n’est pas venus ici pour ronfler toute la journée, mais quand même, on aimerait éviter la crise cardiaque de bon matin, si c’est pas trop demander.



L’autre avantage c’est que quand on se lève tôt on a le temps de se farcir 2h30 de route de montagne (il n’y a que 110 kilomètres mais vu la tronche des routes au ras de la falaise vous feriez pas les fiers non plus) pour aller manger du fromage (oui encore) de l’autre côté de la frontière.




On aurait bien un peu mieux exploré le Val d’Aoste tout entier mais on ne peut pas tout faire en une journée, on a donc filé tout droit (enfin non, justement, à vol d’oiseau ça doit être bien plus court) jusqu’à Aoste. En descendant par la route de Bourg-Saint-Maurice jusqu’à Séez, en remontant tout en haut jusqu’au col du Petit Saint Bernard, et en redescendant tout en bas du côté italien, tout ça par des routes qui vous font regretter d’avoir déjeuner le matin. On a croisé des jolis châteaux, des flancs de montagnes magnifiques, des imbéciles pressés de se retrouver au cimetière qui doublent dans les virages et autres curiosités locales.



On a laissé la Chouchoumobile au parking de l’Hôtel de Ville et on est partis marcher (il faut mériter son fromage !). Des petites rues étroites, encore, et des façades colorées. Les fleurs et le linge aux balcons. Les touristes sans gène qui voient bien que tu prends une photo mais qui se plantent quand même devant toi. Les terrasses de brasseries tous les deux mètres. On était obligés de s’arrêter. Chouchou a pris le panino Tipico (mocceta et fontina), et moi une sorte de bruschetta déstructurée (mais très très bonne). Je voulais prendre celle aux anchois mais le monsieur n’en avait plus.



Et c’est après avoir vidé toute une bouteille de San Pellegrino en mangeant que je suis allée tester les toilettes du Caffè Roma. Il faut aller au fond de la salle qui n’a pas de lumière, et il y a une porte à gauche. Ensuite un escalier et tout en haut la porte des toilettes joliment ornée d’un truc vert et rose qui clignote pour nous l’indiquer au cas où on n’aurait pas imaginé que ça puisse être là.
La porte en question donc, s’ouvre sur de charmantes latrines comme on n’en fait plus par chez nous, un trou dans le sol et puis voilà. Et le lavabo ne fonctionnait pas. Je vous épargne la photo parce que quand même, y’en a qui mangent ici.




Après quelques pas on n’a pas pu faire autrement que s’arrêter sur un banc pour partager une glace. Un gros gros cornet avec trois parfums, fior di latte, amarena, et amaretti. Parce que Chouchou voulait goûter une vraie glace italienne en Italie, sinon vous pensez bien qu’on s’en serait facilement passé.





On a ensuite dévalisé La Bottega degli Antichi Sapori (porta Praetoria, 63) étape indispensable si vous passez par là. On est repartis avec de la fontina, du vrai bon jambon d’Aoste (un morceau assez monstrueux d’ailleurs), de la polenta, un bon stock de riz carnaroli, de l’ail à l’huile, du balsamique, de la fondue à la fontina, de la mozzarella di bufala (la meilleure que j’ai jamais mangée, tellement bonne qu’on a pas besoin de mettre quoi que ce soit dessus), et d’autres bricoles à grignoter.






On est aussi passés chez Giorgi, pour emporter un sac plein de bricoles locales, qu’on a gardées pour le petit déjeuner le lendemain, quand même, faut pas déconner. Une sorte d’énoooorme strudel, avec plein de choses dedans, des morceaux de pomme cuite, de la confiture, des raisins secs, des noix… Et plein plein de tous ces petits trucs que vous voyez là, des petits choux à la pistaches et d’autres au praliné, des trucs et des machins à la crème au chocolat, des sortes de mini baci di dama au chocolat, etc, etc.




La glacière magique électrique et gigantesque a bien pris soin de tout ça pendant qu’on retournait remplir à nouveau nos sacs. On est entrés dans plusieurs librairies, qu’on aurait bien dévalisées elles aussi. J’en suis repartie avec un livre de Andrea Vitali, que j’ai déjà lu en français et que je vais tenter de comprendre en VO, on verra bien.


Je suis aussi tombée sur celui-là. Il ne fait pas 534 pages traduit en italien, mais il fallait que je le prenne en photo, vous comprendrez pourquoi.





Et puis on s’est arrêtés au Caffè Nazionale, pour écrire nos cartes postales et parce qu’en plus d’une glace italienne Chouchou voulait un café italien, c’est exigeant ces bestioles là quand même. Un caffè marocchino pour moi, et un caffè con panna pour Chouchou. C’était délicieux, et malgré le côté chicos-bling-bling du lieu, c’était bien moins cher que dans n’importe quel bouiboui qui vous sert du jus de chaussette de notre côté de la frontière.




Et les toilettes étaient propres ! Les premières toilettes propres qu’on a trouvées dans cette ville ! Je ne vous ai pas parlé des toilettes publiques qu’on a testé au milieu de l’après midi, des mouches partout, encore un lavabo hors service, et une chasse d’eau automatique qui se déclenche quand on s’assoit, donc on ne peut pas s’asseoir (alors qu’on avait pris soin de tapisser toute la cuvette de kleenex), merveilleux.





Avant de partir à la recherche d’un endroit où manger le soir on est entrés dans La Latteria, Chouchou a pris une sorte de compote de pêches aux amaretti et au chocolat. On n’a pas encore ouvert le pot, je vous en parlerai plus tard. On a aussi pris quelques petites scamorzas fumées (vous voyez, là, les sortes de petites boulettes un peu oranges) qu’on a grignotées tout de suite en ressortant.



Pour diner on a longtemps hésité (il y a tellement de cartes alléchantes qu’on ne sait pas où s’arrêter),  on s’est décidés pour Pam Pam, Trattoria degli Artisti. Parce que c’était tout mignon. Et aussi parce qu’il y avait une carte entière pleine de spécialités du Val d’Aoste pleines de fromages…



Après un petit verre de vin on a commencé par la Pampanella e prosciutto crudo di St Remy en Bosses. Et même moi qui n’aime pas du tout la viande j’ai aimé (ce n’est pas faute d’avoir goûté à tout un tas de trucs quand Chouchou en achète). Ca m’a rappelé le saumon fumé, très très fondant, rien à voir avec la plupart des jambons de ce genre que j’ai déjà essayé de manger, sans succès parce qu’on dirait de la semelle et je déteste ces textures là. Bref, vu que Chouchou en a acheté un morceau monstre à la Bottega, je pourrai en remanger quand on sera rentrés.



On s’est ensuite lancés dans une expérience périlleuse (mais on avait déjà mangé une fondue à Abondance en plein mois d’août l’an dernier alors on est habitués), un bon gros plat d’hiver alors qu’il faisait plus de 35 degrés dehors (et le resto n’était pas climatisé hein). Chouchou a pris la zuppa di farro e orzo grattinata, et moi la Vallpelinetze, une soupe au pain, au choux vert, et avec une quantité monstrueuse de fontina fondue et gratinée sur le dessus. On pensait aussi prendre une polenta gratinée à la fontina mais on avait déjà l’estomac bien plein après avoir vidé nos gamelles.
Et puis on a acheté de la polenta et de la fontina à la Bottega, on pourra se préparer ça dans quelques jours.


On n’est tout de même pas passés à côté du plateau de fromages pour terminer, de la fontina, des fromages de chèvre au miel et aux noisettes, plusieurs tommes différentes (huit fromages en tout) et une bonne cuillère de confiture d’oranges aux épices.


Un petit café et puis la note. Et finalement c’était très peu cher, vu la quantité, et la qualité. Et l’accueil. Bref, une très bonne adresse à recommander (Via Maillet, 5/7).


Le retour très tard le soir était compliqué. On s’est un peu perdus en sortant d’Aoste (c’est tellement bien indiqué…), et puis une fois le col passé, de la pluie, des nuages pires que de la purée de pois, on n’y voyait pas à un mètre devant la voiture, des éboulement de terre et de caillasses au milieu de la route, mais on est tout de même rentrés sans filer droit dans le fossé…


7 Commentaires jusqu'à présent
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Tu habites près de la frontière italienne ou c’est ton endroit préféré de vacances ?

Commentaire par Rood.

On est en vacances à Val d’Isère, et entre deux randonnées on part en vadrouille un peu partout autour (dans un rayon de 200 bornes) pour trouver des fromages :D

Commentaire par Nastenka

Waouh quel périple ! Que ne ferait-on pas pour du fromage… ;-))
Mais en regardant bien les prix de ta charcuterie, la plupart des produits sont plus chers que ceux de ma (très bonne) épicerie italienne locale ET parisienne… Ca me laisse un peu pantoise…

Commentaire par barbara

Ils gonflent peut-être les prix en période touristique, comme dans de nombreux endroits.
Si je compare avec l’épicerie italienne où je vais régulièrement à Dijon, certains produits sont plus chers et d’autres moins.
Mais en tous cas, tout ce qu’on a goûté jusqu’à maintenant parmi ce qu’on a acheté là bas est d’une très très grande qualité. C’est pas pour leur faire de la pub, mais vraiment, malgré le prix ça vaut vraiment le coup.

Commentaire par Nastenka

en fait quand tu pars en vacances, c’est un peu comme si tu allais dans un supermarché géant mais dans un cadre agréable et varié ;) ?
je suis un peu comme vous, fondue ou tartiflette, été comme hiver, je fonds littéralement !

Commentaire par melopapilles

Oui voilà, un supermarché avec tout plein de trucs qu’on ne trouve pas dans les supermarchés dijonnais :)

En été les plats au fromage sont encore meilleurs (même si le temps s’y prête moins). Le Beaufort d’été affiné un an a beaucoup plus de goût qu’un fromage d’hiver. Mais je suis comme toi, j’en mangerais toute l’année !

Commentaire par Nastenka

Au restaurant, on a bien fait de suivre les conseils du Monsieur : c’était vraiment copieux, mais tellement bon !

Et puis à Aoste, on a déniché des mugs Vespa super chouettes ! Dommage que la radio était si chère… On trouve tout ça chez un disquaire indépendant dans une des principales rues commerçantes du centre-ville (Musica Ricordi, je crois). Le type est fan de U2 : il semblait adorer leur dernier disque live :)

Pour le retour, oui, c’était compliqué, mais il y a encore eu pire. A suivre…

Commentaire par Chouchou




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