534 pages avant la fin du monde


La soupe à la tomate et le tragique destin d’Alberto.
29 août 2010, 13:59
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Il faut que je vous présente Alberto, mon nouveau pied de basilic, dont j’ai immortalisé tout à l’heure les charmes distingués et la beauté délicieuse…
Mais voyez-vous j’évite de trop m’attacher, connaissant le triste sort qui lui est réservé. Parce que nombreux sont ceux qui ont défilé avant lui, tous fort gracieux et chers à mon cœur mais rien pas même ma flamme immodérée n’a pu les soustraire à leur effroyable et funeste destinée ! (Bon ok j’ai peut-être une ou deux fois oublié de les arroser, l’amour est cruel qu’est-ce que vous voulez…)
Et que puis-je y faire l’air est humide, la cuisine mal éclairée… Alberto n’y échappera pas hélas, et finira comme les autres par succomber…


Et l’âme meurtrie je me trainerai jusqu’à Carrefour, pour racheter ces affreuses barquettes hors de prix qui contiennent tout juste quatre feuilles déjà presque moisies (c’est beau ça rime ce que je dis).
Jusqu’à ce que mon regard abattu un jour s’illumine, croisant celui d’un autre bel empoté. Il s’appellera Benito (ou peut-être Carmelo, ou Roberto ? qu’est-ce que vous en pensez ?).


Parce que dans le jardin de mamie il y a beaucoup de choses. Du persil, du romarin, de l’oseille du thym et du laurier, de la ciboulette… Mais c’est tragique, pas de basilic (oui là c’est un peu trop facile j’avoue, mais il me fallait une transition aussi piteuse soit-elle pour en venir à la cueillette des tomates, non que je veuille éviter à tout prix de sauter du coq à l’âne, mes compétences en ce domaine ne sont plus à prouver, mais j’essaye de temps en temps de rester un minimum cohérente, pour faire bien quoi)…


Donc dans le jardin il y a aussi des tomates (voilà), mais j’imagine que vous êtes déjà au courant. Sinon je vous propose une petite séance de révisions bien à propos juste avant la rentrée, et je ne veux plus vous voir tant que vous ne savez pas tout par cœur !



Pour les autres, ceux qui ont suivi, qui lisent les articles en entier (et pas les cancres qui tentent de garnir ma boite à commentaires d’un subtil « mmm sa alaire delisieu ! » sans avoir lu deux lignes des conneries que je peux raconter (gloire soit rendue à la validation manuelle des commentaires)) je prendrai encore un peu de mon précieux temps pour vous proposer une nouvelle alternative aux quarante-deux pots de conserves de sauce empilés dans l’armoire pour venir à bout du stock de tomates (parce que de toutes façons y’a plus de place j’ai fait trop de pots de confiture !).



Et puisque c’est encore l’été (si si j’vous jure) rien de mieux qu’une petite soupe à déguster bien emmitouflé dans votre couette en attendant les premières neiges (l’avantage c’est que mes nouvelles sandales Minnelli seront encore neuves l’été prochain et que j’aurai pas besoin d’en racheter).


Pour en avoir pour toute la semaine il vous faut :
Un gros sac plein de tomates du jardin (j’ai pas pesé, vous vous débrouillerez, je peux juste vous dire que c’était lourd), 2 oignons nouveaux, 3 gousses d’ail, 2 c.s. d’huile d’olive, 1 c.s. de crème de balsamique, 1 verre de jolies petites pâtes italiennes, du sel, du poivre, et quelques feuilles de la chevelure de mon Alberto.



Ebouillantez les tomates pour les peler facilement, épépinez-les et détaillez les en morceaux assez grossiers. Ajoutez l’huile d’olive et la crème de balsamique, les oignons émincés, l’ail haché finement, salez et poivrez. Portez à ébullition et poursuivez la cuisson à petit bouillon une petite demi-heure sans couvrir, en remuant régulièrement.
Cuisez les pâtes séparément, al dente, dans une grande casserole d’eau salée. Egouttez-les et ajoutez-y un filet d’huile d’olive pour éviter qu’elles se collent entre-elles. Réservez.
Quand les tomates sont bien cuites (la soupe doit avoir réduit) servez dans des grands bols, ajoutez les pâtes et quelques feuilles de basilic.



Si vous y prenez goût vous pouvez aussi essayer cette soupe-là, et pour patienter en attendant que le reste mûrisse, allez voir par là, il y a de belles tomates aussi.
La prochaine fois je vous parlerai du clafouti, et d’autres choses encore… Je vais finir par devoir faire un index spécial tomates pour ranger tout ça…



Anna Carla mange-t-elle des fleurs de courgettes farcies ?


Figurez-vous qu’elle a bien d’autres choses à faire, surtout maintenant qu’elle a flanqué ses domestiques à la porte, et qu’on la soupçonne d’avoir refroidi cet architecte, avec l’aide de Massimo. Dans le bureau avec le chandelier ? Perdu c’était une bite en pierre ! La blonde de M6 (qui ne doit pas non plus manger de fleurs de courgettes) n’a pas le monopole du mauvais goût en matière de décoration d’intérieur, il faudra vous y faire !



Mais pourquoi ? (Pas pourquoi on l’a supprimé, ça serait trop facile, je ne vous épargnerai pas la lecture des 480 pages du bouquin, faut pas exagérer). Et bien parce que les domestiques avant de rendre leurs tabliers sont accidentellement tombés sur une lettre fort accablante en fouillant dans les poubelles (il faut bien se venger). Ou plutôt sur trente-six ébauches soigneusement roulées en boules qu’ils se sont empressés d’éplucher. De la plume d’Anna Carla elle-même, bien loin alors de se soucier de nos pauvres forêts amazoniennes et de l’impact de son forfait sur notre gentille société recycleuse de papier (s’il n’avait pas été publié en 1972 le livre aurait peut-être même été censuré, on retire bien sa pipe à Jacques Tati… Mais où va le monde mes enfants ?).


Mais alors qui va s’occuper des courgettes ? Certainement pas Santamaria, bien trop occupé à se demander comment amener le problème sur la table et présenter à Massimo son inquiétude quant à son implication dans ce sordide fait divers…



Parce que les courgettes il faut aller les ramasser (toujours au même endroit, on n’a pas trente-six fournisseurs, au risque de vous décevoir) ! On a aussi cueilli des haricots (encore) et Chouchou a fait une allergie, il est rentré les bras tout rouges avec des petits points blancs qui le démangeaient, mais c’est parti maintenant.



L’avantage, c’est qu’avec deux courgettes tu nourris ta famille pour la semaine. Cette année il a fait tellement beau qu’elles sont un peu moins potelées qu’à leur habitude, mais celle que j’ai découpée hier soir faisait 1.7 kilo tout de même. Et il y en a tellement qu’on peut bien se permettre de prendre aussi quelques bébés avec leurs fleurs…


Pour les farcir et les faire gratiner. Mais sans Fontina cette fois (j’en connais un qui rigole déjà) faut être un peu inventif quand même des fois… Avec du pecorino ça va ? Je prends ce que je trouve dans le frigo hein, si ça plait pas faut aller faire les courses à ma place et puis voilà !


Pour un joli gratin fleuri il vous faut :
Quelques bébés courgettes, une tête d’ail, 2 c.s. de ricotta et une de crème épaisse, du sel du poivre de l’huile d’olive, ½ citron, un petit morceau de pecorino romano et du thym tout frais cueilli lui aussi dans le jardin de mamie.


Il faut déjà retirer le pistil et ébouillanter les bébés courgettes fleurs quelques secondes (pas plus sinon ça va faire de la bouillie).
Epluchez l’ail, coupez les gousses en deux et retirez le germe. Mélangez la ricotta avec la crème, salez poivrez et ajoutez un petit peu de thym. Remplir chaque fleur avec une gousse d’ail et une cuillère de ce mélange. Disposez-les dans un plat à gratin, et ajoutez des copeaux de pecorino par-dessus, un filet d’huile d’olive, un filet de jus de citron, un peu de zeste râpé, du thym et le reste des gousses d’ail. Enfournez une bonne 20aine de minutes à 220°C.


Mais puisque ça fait pas gramin (comme dirait Chouchou), il faut s’attaquer aux choses sérieuses, l’épluchage de la bestiole. Parce que les courgettes de cette taille ont la peau dure (pas autant que les potirons mais ça s’en approche).


Donc on épluche, on coupe en deux dans le sens de la longueur, et on enlève les gros pépins et le truc tout mousseux à l’intérieur. On coupe ensuite en gros morceaux qu’on met à cuire dans une grande casserole, à couvert, avec une bonne rasade d’huile d’olive, quelques gousses d’ail, du sel et du poivre.


Pour faire une crème de courgette au chèvre frais et à la roquette  (je vous avais pas dit) il vous faut donc : Une grosse courgette, du chèvre frais (200g), et de la roquette (150g). Et aussi du sel du poivre de l’huile d’olive quelques gousses d’ail et 2 bonnes c.s. de ricotta.


Au bout d’une 10aine de minutes on retire le couvercle, on mélange bien et on termine la cuisson sans le remettre pour que l’eau s’évapore s’il y en a au fond. Quand la courgette est cuite on la laisse refroidir dans sa grande casserole et on ajoute le chèvre frais, la ricotta et la roquette. On passe au mixeur jusqu’à obtenir une crème presque mousseuse, et on sert sans tarder. Et vous pouvez vous resservir, vu la quantité…


Si vous vous ennuyez pendant vos longues soirées d’hiver, ça ne parle pas de fleurs de courgettes mais c’est tout de même savoureux



Le jardin de mamie, les haricots à l’ail, et le retour tant attendu de Horatio.


Parce que Horatio il était parti en vacances, même si il en a pas vraiment besoin vu qu’il est tout le temps au bord de la mer, mais on sait jamais peut-être qu’il est comme nous, que se griller le bifteck sur la plage c’est pas son truc et qu’il préfère les randos en montagne et les tempêtes de neige en plein été. Mais ça risquerait de lui décoiffer la mèche.


Parce que nous on aime bien Horatio. Parce que c’est quand même vachement plus drôle que les autres Experts. Parce qu’Horatio c’est une œuvre d’art scénaristique à lui tout seul. Parce que réussir à tenir 8 saisons à seulement enlever et remettre ses lunettes de soleil (et aussi remettre sa mèche en place de temps en temps) pour poser en contre jour pendant que les autres font tout le boulot faut quand même le faire. Bon j’exagère, ça arrive qu’une fois tous les 15 épisodes il interroge une blonde à gros nichons ou qu’il enfile une blouse blanche et observe un tube à essai en hochant la tête, mais il y a aussi les répliques cultes, qui tombent toujours aussi bien qu’une tache de dentifrice sur le t-shirt à l’heure de partir au boulot. Faudrait que je regarde à nouveau tous les épisodes depuis le début et que je les note dans un cahier. Faudrait aussi que j’essaye en VO, au cas où tout l’intérêt de la série repose finalement sur les seules prouesses d’un doubleur complètement naze et léthargique, mais en fait nan j’aurais trop peur d’avoir raison, ça gâcherait le plaisir, vous pouvez pas comprendre.


Parce que l’autre jour je regardais encore tout un tas d’âneries à la télé et je suis tombée sur une redif de NYPD Blue, un épisode d’il y a à peu près 15 ans (ça me rajeunit pas tout ça, et dans deux semaines ça va pas s’arranger) et malgré le fait qu’à cette époque j’en ratais pas un épisode je me souvenais pas qu’il y avait Horatio dedans (j’ai failli appeler Chouchou au boulot pour lui dire). Et il a même joué dans Chips mais il doit peut-être pas le hurler sur tous les toits de Miami. La mèche est un chouilla plus courte mais la couleur jaune poussin qui vire au roux ne trompe pas. Mais alors est-ce qu’il aurait une addiction aux mauvais décolorants capillaires de supermarché ou est-ce que son coiffeur est aussi nul que son doubleur (et le scénariste des Experts aussi un peu), ça me dépasse… tout comme cette manie de diffuser les épisodes dans le désordre en mélangeant la nouvelle saison avec les autres…


Mamie aussi en ce moment elle est en vacances, en train de bronzer et de manger des glaces sur la plage avec papi, et bien loin de se douter que je raconte sa vie souvent ici. Peut-être que votre mamie à vous elle drague sur mythique et flingue des terroristes sur Counter Strike* jusqu’à 4h du mat, mais la mienne elle compte en anciens francs et elle a encore du mal avec les VHS et la télécommande de la télé, alors lui expliquer ce qu’est un blog… Et puis j’écris trop petit ça lui ferait mal aux lunettes.
(*Et encore, c’était il y a presque dix ans que j’oubliais d’aller en cours après avoir passé la nuit sur CS en sifflant deux litres de café, aujourd’hui les djeunz ils jouent à WoW et je suis trop has been j’y ai jamais joué).


Ici on n’a pas le même temps que sur la carte postale mais on a de quoi se consoler : avant de partir ils nous ont laissé les clés. Parce que dans le jardin il y a assez de légumes pour nourrir tout un camp de réfugiés affamés, alors ça serait dommage de s’en priver.


Je vous avais beaucoup parlé des tomates l’été dernier. Et des carottes, des fraises, des prunes et des betteraves. Alors j’ai tout regroupé, là à gauche, oui là juste à côté, y’a un nouvel index avec toutes les recettes préparées avec les légumes du jardin (souvent additionnés de fromage, mais vous commencez à me connaître, d’ailleurs y’a aussi un nouvel index avec tous les plats au fromage ! Pas très utile finalement vu que ça représente à peu près 80% des recettes…)


Mais cet été tout est en retard, avec ce mois de juin qui se prenait pour un mois de novembre les tomates ne savent plus quand elles doivent pousser. Mais il y en a quand même, je reviendrai vous en parler. Parce qu’il y a aussi les haricots, et je ne vous les avais pas encore montrés.


Et ce que vous voyez là c’est même pas le quart de tout ce qu’il y a à ramasser. Alors il faut se mettre au boulot, enfiler les bottes, se préparer psychologiquement à avoir mal au dos les deux jours suivants, et remplir plusieurs sacs en imaginant ce qu’on va en faire une fois rentrés…


On peut les préparer avec de l’ail poêlé à l’huile d’olive, et une sauce au fromage banc.
Il faut équeuter les haricots, les cuire dans une grande casserole d’eau salée. Eplucher l’ail pendant ce temps, couper les gousses en deux et retirer le germe. Les faire dorer dans une poêle à feu moyen, avec de l’huile d’olive, du sel du poivre et du persil.
Mélanger l’ail et les haricots, et servir tiède avec une sauce bien froide : mélanger 200g de fromage blanc avec 5 cl de crème liquide, 1 c.s. d’huile d’olive, du sel et du poivre (et quelques gousses d’ail pressées si vous aussi vous aimez quand il y a beaucoup beaucoup d’ail).


On peut aussi faire un gratin. Avec de l’ail, encore, de la ricotta et de la Fontina. Ma mère elle trouve ça bizarre un gratin de haricots, mais moi je crois que c’est parce qu’elle l’a pas goûté ! En tous cas ça plait beaucoup à Chouchou, c’est le troisième que je fais en une semaine et ça n’a pas trop l’air de le déranger.


Equeuter et cuire les haricots. Les égoutter, les mettre dans un grand plat avec quelques gousses d’ail. Dans un bol mélanger 2 grosses c.s. de ricotta et 2 de crème fraiche épaisse, ajouter 1 c.s. d’huile d’olive, du sel et du poivre. Répartir le mélange sur les haricots, râper un  bon morceau de Fontina par-dessus. Terminer par un filet d’huile d’olive et un peu de persil, cueilli dans le jardin lui aussi.



Enfourner une petite demi-heure à 200°C.
Essayer ensuite de faire une photo pas trop pourrie parce que ça y est, il recommence à faire nuit à l’heure ou je prépare mes gamelles et ça m’ennuie, tout est jaunasse même avec le nouvel appareil photo qui est quand même un peu vachement mieux que mon téléphone. Il faudrait peut-être que j’achète une lampe aussi…


We don’t get fooled agaaaain ! No no ! Don’t get fooled agaaaain !




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