534 pages avant la fin du monde


Les fraises de Mamie et les muffins concombrophobes
30 mai 2011, 12:16
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Oui encore des fraises, je sais, c’est consternant, mais pas n’importe lesquelles. Et puis celles-là ont l’avantage de ne pas être espagnoles, comme ça pas de risque qu’elles se soient faites culbuter par des concombres. On n’est jamais trop prudent.

Je ne mange plus que les légumes du jardin de Mamie (et du fromage) en attendant que la grippe aviaire du concombre soit éradiquée. Sinon je vais plus dormir. Il faudrait juste que leurs abrutis de voisins arrêtent de leur balancer du roundup par dessus le mur sinon on n’aura plus un seul brin d’herbe à brouter. J’ai pas de fournisseur de secours caché dans ma manche, et chez ma mère y’a que des fleurs.

Et ça doit faire une bonne semaine que je suis obsédée par l’idée de manger des fraises avec du gorgonzola (fais pas cette tête c’est fabuleux, même encore mieux que ça), j’en rêve la nuit. Enfin pas toutes les nuits, la nuit dernière j’ai rêvé d’un gâteau au chocolat avec plein de crème, il faut que je le fasse bientôt. Mais j’hésitais, sur une tartine, avec du miel, sur une assiette de pâtes ou dans un bol de fromage blanc… Mes rêves sont merveilleux (et caloriques) je t’avais pas dit ?

J’ai finalement opté pour des muffins (je t’explique pas par quel fantasme j’en suis arrivée là même moi j’y comprends rien), des cakes, des cupmachins, enfin des gâteaux dans des petits moules, appelle les comme tu veux ça n’en changera pas le goût…

Pour une quinzaine de caissettes de 5,5cm de diamètre il te faut : 220g de farine T55, 3 œufs, 3 cuillères à soupe de lait entier, 70g de beurre cru ramolli, 100g de mascarpone, 130g de gorgonzola crémeux, 2 cuillères à soupe bombées de miel de forêt liquide, 200g de fraises de chez Mamie, 1 gousse de vanille, 1 cuillère à café bombée de levure chimique, ½ cuillère à café de sel de Guérande.

Battre les œufs, ajouter la farine, la levure, le lait, le miel, le sel, et le beurre mou coupé en petits morceaux. Ouvrir la gousse de vanille dans la longueur, gratter l’intérieur et l’ajouter à la préparation. Mélanger vigoureusement. Incorporer les fraises coupées en morceaux en mélangeant délicatement. Ajouter le mascarpone et mélanger grossièrement, en laissant apparaître des morceaux, et répéter l’opération avec le gorgonzola coupé en dés.

Remplir les caissettes et enfourner 20 à 25 minutes à 200°C. Patienter quelques minutes avant de se jeter dessus (sinon ça brule, très fort). Mais en attendant tu peux lécher le saladier.

Le plus dur maintenant ça va être de ne pas tout avaler pour qu’il en reste quand Chouchou va rentrer (il rentre tard, s’il n’y en a plus il l’aura bien cherché)…



Lait fraise de luxe
27 mai 2011, 12:02
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Parce qu’il y a des jours où le beurre de cacahuète ne suffit pas, même à la cuillère, et même avec les doigts. Des jours où on aimerait bien avoir un bouton sur lequel appuyer pour passer tout de suite au jour suivant, des jours où le ciel est complètement bleu, où il fait déjà doux à 7h30 du mat, où par je ne sais quel miracle on réussit à émerger de presque bonne humeur avant midi, et où on se réveille avec une piqûre de moustique de la taille d’un steak de 400g sur la cuisse gauche (j’en rajoute pas, je suis allergique).

Des jours où on avait décidé la veille d’aller à pieds jusqu’au marché avec Glasser à fond dans les oreilles et où le simple fait d’essayer de plier la jambe est aussi agréable qu’une chute dans l’escalier. Des jours où on voulait mettre la jupe bleue et où on est carrément trop sexy avec une jambe toute déformée. Des jours où ton frigo te fait la gueule, parce qu’en plus d’avoir besoin d’être dégivré il est parfaitement incapable de faire apparaître le truc qui pourrait te soulager, un cheesecake citron gingembre, la confiture de lait de Claudine, le nouveau Murakami avec trois mois d’avance, une montagne suisse, des milky way, les belles sandales Kickers avec trois lanières bleues, du brie aux truffes, la fin du monde, un reblochon fermier…
Des jours où après avoir calmé ta rage avec une demi-plaque de beurre Bordier tu te dis que finalement ça aurait pu être pire. Il aurait pu me piquer sur la joue, j’aurais pas supporté huit jours de cloître avec la gueule enflée et je me serais suicidée avec du cassoulet en boite.

Alors j’ai quand même bougé mes fesses, après avoir passé deux heures à vider les placards par terre et essayé les deux tiers de mes fringues pour trouver le truc qui cachera la misère, j’ai trainé mon œdème jusqu’au centre ville et j’ai même pas pleuré.
Et j’ai rapporté de quoi faire le meilleur lait fraise du monde (non je ne vais pas t’apprendre à verser du sirop Tesseire dans une bouteille de lait tu peux rester). Du lait, du beurre Bordier, des yaourts au lait entier, de la vanille, des fraises, une brioche et du miel. La brioche et le beurre c’est pour plus tard, enfin pas trop tard non plus faut pas déconner.

Pour faire honte aux serveurs suisses, donner quelques coups de mixeur dans 300g de fraises, deux yaourts natures au lait entier, deux cuillères à soupe de miel liquide, 200ml de lait cru, et ce que vous aurez gratouillé à l’intérieur de la gousse de vanille. Servez immédiatement, et gardez le reste au frais pour le goûter.

J’ai failli aggraver mon cas (déjà assez critique, ça n’a toujours pas dégonflé) en voulant faire des photos de mon pot de miel en plein soleil. Je suis rentrée dans la cuisine en courant, poursuivie par une famille de guêpes pas franchement disposées à négocier. Le sirop Tesseire c’est moins dangereux, je vous l’accorde, mais ça ne sera jamais aussi bon que ça :



Les cookies thérapeutiques
24 mai 2011, 05:48
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Le petit déjeuner de dimanche était le même que celui de samedi mais il avait un goût de potion magique, de soleil après l’orage, de cocktail d’analgésiques, de Cajoline brise de printemps + 15% gratuits et de Kiki cadeau Bonux.

Parce que la veille au soir nos estomacs (et nos oreilles, il n’est pas vain de le préciser) furent mis à rude épreuve. Parce que des trucs pareils ça pulvérise les records détenus par tes pires souvenirs de cantine d’école primaire, au point que même Gordon Ramsay en ferait une syncope et qu’Uncle Ben’s se retournerait dans sa tombe. C’est pourtant écrit sur la boite que le riz il faut le faire cuire avant de le mettre dans une salade ! Mais c’est vrai que maintenant les gens veulent que tout soit prêt tout de suite, même les pizzas surgelées aujourd’hui c’est has been, si t’as pas ton carton de pâtes Panzani Aussi qui chauffe en 15 secondes au micro-ondes t’as pas d’amis.


Et donc après avoir maudit le responsable de cette macédoine avariée et juré autant de fois que le matin où j’ai découvert qu’une colonie de fourmis avait élu domicile à l’intérieur de la cafetière, je suis repartie, non sans la plus grande prudence, en quête d’une pitance un peu moins suspecte… Que grâce soit rendue au cake au roquefort de Supergirl, et au clafouti aux cerises Carrefour à 3 euros 50 qui à côté du reste prenait des airs de Mosaïc de Pierre Hermé. Bon ok le fondant au chocolat était pas dégueu non plus, j’exagère, et les bonbons fluos s’accordaient à merveille avec les couleurs chatoyantes de nos accoutrements*…

Mais après avoir constaté que seuls les amateurs de tricot (si tu comprends pas c’est que t’es pas mon copain sur Facebook et dans ce cas là je ne peux rien faire pour toi) étaient capables de se souvenir de Punky Brewster et Parker Lewis (c’est à se demander ce que ces gens faisaient après l’école dans les années 80, enfin pour ceux qui étaient nés…) on est allés noyer notre chagrin dans la sangria Tetrabrik Géant Casino. Parce que Lady Gaga est un peu plus supportable avec un coup dans le nez, mais le mal de crâne n’aura néanmoins pas pu être évité. Et du coup je ne sais même pas si le coupable s’est insinué par mes oreilles ou mon gosier.

Après de telles souffrances gustatives le petit-dej du lendemain arrive comme Bruce Willis en tenue de combat pour sauver le monde. Et pour éviter de sombrer par vengeance au fond du pot de beurre de cacahuètes avant la fin de l’après midi il vaut mieux remonter ses manches et préparer un truc, pas franchement plus diététique mais qui fait un peu moins figure de dépression nerveuse ou de fatalisme de fin du monde.

Si toi aussi tu trouves que les cookies c’est idéal pour oublier il te faut : 150g de farine T55, 150g de flocons d’avoine, 85g de beurre, 125g de beurre de cacahuète (sans morceaux), 75g de cassonade, 125g de cranberries séchées un peu périmées (d’à peine deux semaines ça va pas nous empoisonner), 1 œuf, 3 cuillères à soupe de lait, ½ cuillère à café de levure chimique, ½ de bicarbonate de soude.

Mélanger les ingrédients secs dans un grand saladier, farine, sucre, flocons d’avoine, levure, et cranberries. Faire fondre le beurre, incorporer le beurre de cacahuète, le lait et l’œuf battu. Verser le mélange dans le saladier, mélanger avec les mains jusqu’à obtenir un truc qui ressemble à ça :

Préchauffer le four à 200/220°. Façonner des boules toujours avec les mains, les aplatir sur une plaque à la cuillère à soupe, et enfourner 10 bonnes minutes, pas plus parce que les vrais cookies ça doit rester moelleux à l’intérieur, bande de cochons élevés aux Hello de Lu de supermarché !

* Ceux qui voudraient admirer plus en détails mes godasses dépareillées, mes couettes ou le demi-pot de gel fixation béton qui charpentait la mèche sur la tête de Chouchou peuvent aller voir par là.




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