534 pages avant la fin du monde


La confiture de vin que toi aussi tu peux goûter.

La semaine dernière j’avais préparé un chèvre frais aux cerises, qui un dimanche matin lui a inspiré une salade de fraises au chèvre qu’elle a arrosée d’une gelée de vin rouge, et qui m’a donné des idées pour le petit déjeuner…

Mais avant il faut remonter vingt quatre heures plus tôt, parce qu’il faut un peu plus que le temps de se réveiller et de préparer du thé pour faire six pots de confiote. En fait il faut remonter encore un jour plus loin, parce qu’il faut aussi aller faire les courses, acheter des fruits, du fromage blanc, du sucre, des badges fluos, des jambières roses et des bracelets avec des cœurs (je vous expliquerai bientôt), et choisir du bon vin… et pas de la piquette de chez Monop parce qu’une vinasse imbuvable devient une confiote imbouffable, c’est tout, c’est scientifique, mathématique, acrobatique, cartographique, acétylsalicylique… enfin c’est logique quoi. On évitera peut-être quand même la bouteille de Romanée-Conti à 87 000 euros, mais un bon Côte de Nuits fera bien l’affaire.

Pour 6 gros pots (et de quoi lécher la cuillère pendant la cuisson) il vous faut : 1,5 litre de bon vin rouge (2 bouteilles), 1,5kg de sucre pour confitures enrichi en pectine (sinon vous allez vous retrouver avec un coulis au lieu d’une confiture), la grosse casserole jaune de la grand-mère, des pots, un entonnoir, une louche et une cuillère.

Comme d’habitude il faut tout bien nettoyer, et tout stériliser quelques minutes dans une grande casserole d’eau bouillante. Tout y passe, les pots, les couvercles et l’entonnoir.

Mélangez ensuite le vin et le sucre dans la casserole jaune, et résistez à l’envie de vous servir un verre parce qu’on ne sait jamais, vous pourriez causer un accident. Maintenant qu’on ne sait même plus où sont planqués les radars on va finir par se prendre des prunes même dans la cuisine. Portez à ébullition et laissez cuire à petits bouillons une dizaine de minutes, en mélangeant régulièrement. Ecumez de temps en temps, et surveillez votre gamelle au lieu de trainer sur Facebook sinon ça risque de déborder.

Remplissez les pots à ras bord, dépêchez vous de prendre votre photo et fermez-les immédiatement. Retournez les pots (pour que ça fasse clac quand vous les ouvrirez) et n’y touchez-plus jusqu’au lendemain matin (je sais c’est dur mais vous survivrez).

Après en avoir rêvé toute la nuit, préparez un mélange de fromage blanc épais et de chèvre frais, et ajoutez des fruits, ceux que vous voudrez, j’ai pris des fruits rouges mais des pêches et des abricots conviendront bien aussi. Recouvrez de confiture, faites chauffer l’eau pour le thé et allez secouer Chouchou qui ces jours-ci a bien du mal à sortir du lit, même à midi. Peut-être qu’il rêve la nuit de choses bien plus éprouvantes que se gaver de confiture, comme faire le marathon de Boston ou celui de la Grande Muraille de Chine, trouver un remède au cancer ou résoudre le seizième problème de Hilbert. Après tout chacun son truc.

Et si vous n’êtes toujours pas convaincu que c’est carrément super trop bon je peux vous faire goûter, j’envoie un pot à celui ou celle qui le réclamera le premier !



Le mur de pâte à tartiner, les tartelettes au caramel
17 mai 2011, 14:24
Filed under: SUCRÉ | Tags: , , , ,

Assez régulièrement (ça vous est certainement déjà arrivé) quand je me promène nonchalamment dans les rues commerçantes… J’aurais pu dire quand je zone dans le centre commercial, on m’a dit que c’était un peu plus d’actualité, un peu comme les trucs trop stylés, tout ça, il paraît que je cause comme un dictionnaire mais je trouve que c’est toujours mieux que s’exprimer comme une concierge de HLM*…
Bref, donc je traine mes savates d’un magasin à l’autre et tout à coup je tombe sur une affiche, une pile de torchons, des fleurs, une étagère, ou un vieux pot à lait… et je me dis qu’il me faut absolument ça chez moi.


Et donc… il y a quelques semaines avec Chouchou on prenait un peu le soleil dans les rues du centre ville en allant acheter de la mozzarella et des poivrons farcis chez le traiteur italien (et des gros crostini aussi) avant d’aller remuer du popotin au concert de Deerhunter. Et on est entrés dans une nouvelle petite boutique dont on a eu du mal à ressortir. Un peu dans le genre de celle là, où une fois à l’intérieur t’as l’impression d’avoir à nouveau cinq ans et demi et d’être planquée dans le placard à confiture de ta grand mère.


Et donc… (oui je sais, je l’ai déjà dit, mais j’essaye d’être drôle, le comique de répétition tout ça, un peu comme quand Tahiti Bob se prend vingt cinq fois le même balai dans la tronche en essayant d’attraper Bart, ou quand il suffit d’allumer la télé pendant à peine une heure pour entendre parler trois cent cinquante fois de la zigounette de DSK, enfin non ça c’est même pas drôle, mais en tous cas ça a l’air vachement plus important que le cadavre de Ben Laden ou la centrale de Fukushima…) et donc je me retrouve devant un mur de pots de pâte à tartiner. Et de la vraie bonne pâte à tartiner hein, sans huile de palme et avec plus de noisettes que de sucre (mais autant de calories, on peut pas tout avoir non plus), pas celle du supermarché. Et je me dis que ça serait pas mal du tout à la maison, sur le mur de droite dans le salon, à côté de la carte routière de l’Alaska de deux mètres sur trois. Le problème c’est que j’avais pas assez de place dans mon sac, mais un jour j’y retournerai avec une camionnette et trois déménageurs.
On a tout de même finalement réussi à ressortir de la boutique, non sans un pot de pâte à tartiner, quelques paquets de biscuits et un bon stock de caramels.

Mais le problème avec ces choses là, c’est que même avec les plus gros efforts du monde ça ne dure jamais bien longtemps. On a donc dû rechausser nos savates il y a quelques jours, suivre à nouveau le chemin de la chouette, sans déménageurs mais armés de l’appareil photo, pour profiter d’aller refaire le stock de caramels pour vous montrer où c’est. Et vous faire baver un peu aussi, j’avoue, mais c’est le but premier de ce blog après tout (enfin non le deuxième, le premier c’est crâner, comme dit Chouchou).


On a un peu trainé en chemin, on a croisé un chat curieux, une pompom girl, une souris en peluche en pleine conversation avec une oie, et un vieux monsieur avec son chien. Mais le problème (oui encore un) c’est qu’on ne peut décemment pas emporter toute la boutique (sans les déménageurs) alors il faut choisir, mais les caramels avec de gros morceaux de mirabelles risquent de devenir une habitude (en plus de la pâte à tartiner noisettes et caramel au beurre salé mais est-ce que c’est utile de le préciser ?).

Et hier j’ai trouvé un super truc pour y retourner encore plus souvent : faire des tartes avec les caramels comme ça mince alors Chouchou y’en a déjà plus va falloir aller en racheter…

Pour avoir une bonne excuse il vous faut : 150g de farine T55, 75g de beurre cru du fromager, 1 jaune d’œuf, 1 cuillère à soupe de lait, 1 cuillère à soupe de sucre en poudre, 1 cuillère à café de sel de Guérande, et une autre d’un mélange d’épices pour pain d’épices, 8 gros caramels aux mirabelles de la petite boutique (à peu près 200g), et 2 grosses cuillères à soupe bombées de crème fraiche du fromager (et pas la crème Président de supermarché de l’autre andouille, parce que rien ne vaut la crème du crémier).

Préparez la pâte sablée avec vos petites mains avec la farine, le beurre, le jaune d’œuf, le lait, le sucre, le sel, et les épices. Formez une boule et réservez.
Faites fondre les caramels à feu très très doux et ajoutez la crème fraiche. Mélangez jusqu’à obtenir une préparation bien homogène (oui je sais y’a les morceaux de mirabelles mais le reste doit être bien fondu bien mélangé tout ça).
Séparez votre boule de pâte en quatre petites et étalez-les. Utilisez des cercles à tartelettes, parce que c’est plus joli et parce que les moules sont de vraies saloperies inventées par un sadique qui devait aimer regarder sa femme transpirer pendant un quart d’heure en essayant de démouler ses tartes sans tout massacrer.
Cuire les fonds de tarte à blanc (avec des billes dedans pour pas que ça gonfle) et laissez refroidir sans retirer les cercles. Versez la préparation au caramel en remplissant complètement, en vous arrêtant tout de même avant que ça déborde.

Reste maintenant la partie la plus compliquée de la recette : attendre que ça refroidisse (oui c’est obligatoire, il faut que ça se fige un minimum, sinon ça dégouline partout et c’est dégueulasse). Mais vous pouvez vous consoler en léchant la casserole.

Mais vu qu’il faut deux bonnes heures pour obtenir la consistance voulue et que la casserole se lèche bien plus rapidement que ça, je me suis fabriqué un compte Twitter pour passer le temps. Il me faudra sûrement un bon moment avant d’y trouver une quelconque utilité mais si ça vous dit vous pouvez aller regarder : c’est tout neuf et tout vide, vous approchez pas trop des murs je viens de faire la peinture.

* Je tiens à préciser que je n’ai rien contre les concierges de HLM, les vaches espagnoles ou les charretiers, au cas où vous sentiez affreusement vexé, c’est juste que j’aime bien balancer des vannes à tout va.



Le temps est schizophrène et les cerises d’hier


Parce qu’hier c’était l’été, et aujourd’hui le simple fait de regarder par la fenêtre me donne envie de bouffer la confiture à la cuillère avec un pot de crème fraiche en prime. Parce qu’hier midi j’ai eu tout juste le temps de passer au marché en coup de vent, après une matinée chargée et un petit détour pour acheter un ticket d’Euromillion (les cul-terreux rêvent de fortune c’est bien connu), en me disant que j’y retournerai le lendemain. Et non seulement le ticket était perdant mais maintenant en plus il pleut…

Moi si je travaillais chez Météo France, en plus de leur refaire un site qui plante pas Safari une fois sur deux, je ferais du beau temps tout le temps ! Je veux du soleil, de la sécheresse, des dérèglements climatiques et des restrictions d’eau ! La mamie de la maison d’en face a même ressorti son gilet bleu mité pour descendre dans son jardin, mais où va le monde… Je vais demander à Evelyne Dheliat (en recommandé avec accusé de réception) de me rembourser les sandales que j’ai achetées hier pour cause de publicité mensongère, parce que faut pas exagérer quand même…

Mais hier j’ai tout de même eu le temps de me frayer un chemin au milieu des travaux (ils démolissent toute la ville c’est une horreur) pour aller remplir mon sac de 500g de cerises et deux barquettes de fraises (achetées au monsieur qui crie des choses bizarres pour vendre ses fruits et légumes, je vous en parlerai une autre fois), après être sortie de la boulangerie avec un bon pain au levain (et une brioche que Ô désespoir ! je n’ai même pas pu trouer parce que j’étais chargée comme un âne) et de chez le fromager avec du beurre salé, un litre de lait, du fromage blanc et puis la crème (celle qui va bien avec la confiture quand il fait un temps de chien).

Parce que quand il y a du soleil on est un peu plus raffinés, on prend le temps de faire de belles assiettes colorées et on se roule dans l’herbe. Au lieu de s’empiffrer de crème à la louche en ruminant derrière la fenêtre, comme une grand-mère grincheuse qui ne sait plus trop quoi faire de sa journée une fois que l’épisode des Feux de l’Amour est terminé. Et puis en plus c’était bien mieux dans le temps, on avait Santa Barbara, Côte Ouest (le long du graaand pacifiiiiique, les vagues défiiiiiient le teeeeemps) et puis Dallas et Pause Café. Dans Les Feux de l’Amour y’a rien que des gourgandines qui ne savent même plus se coiffer, tout se perd ma bonne dame, tout se perd… Toutes les séries sont imbuvables et les fromages pasteurisés (enfin j’exagère, rien ne vaut un épisode de Breaking Bad et un pot de cancoillotte à la cuillère).

Pour oublier les trombes d’eau et les brushing apocalyptiques, il vous faut : un chèvre frais du fromager (Le Landais, un petit fromage au lait cru), une grosse poignée de cerises, deux cuillères à soupe de confiture de griottes de l’Abbaye de la Trappe des Gardes (parce que c’est la meilleure), un filet d’huile d’olive au citron, quelques feuilles de basilic, une tranche de pain d’épices de Dijon, et une pâquerette (que vous n’êtes pas forcés de manger).

Il ne reste plus qu’à assembler : émiettez grossièrement le pain d’épices et faites griller les morceaux à sec dans une poêle très chaude. Disposez le fromage au milieu d’une belle assiette, écrasez le légèrement avec une cuillère pour former un petit creux sur le dessus, ajoutez la confiture, les cerises dénoyautées, le basilic, les petits bouts de pain d’épices, et un filet d’huile d’olive. Décorez avec des cerises entières et une pâquerette cueillie dans le jardin.


Dégustez sans tarder, avec la musique à fond pour emmerder les voisins :




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