534 pages avant la fin du monde


La pâtisserie du Père Noël

Parce qu’au cas où certaines personnes n’aient pas encore atteint l’ultime degré d’écœurement d’après fêtes (quand on ne peut même plus regarder ne serait-ce que son petit déjeuner sans avoir la nausée et qu’on rêve d’une bonne semaine de jeûne comme d’une bénédiction ou d’un mot d’excuse salvateur pour échapper à l’affreuse bûche du dimanche midi…), il est bon de leur offrir quelques kilos de bouffe supplémentaire pour les punir sévèrement d’avoir été dotées d’un estomac d’acier à toute épreuve. Et parce que y’a pas de raison.

Quoi de plus approprié alors qu’un bon gros pain d’épices ? 20 kilos de patates. Mais c’est un peu moins glamour. Je vous rassure tout de même le pain d’épices ça se conserve, hein, vous pourrez attendre la fin de la semaine pour l’entamer et éviter l’indigestion, je ne suis pas si diabolique. Enfin ça dépend des jours.

Pour en avoir pour 15 jours si vous n’avez personne à qui les offrir il vous faudra : 350g de farine de blé complet, 150g de farine de châtaignes, 400g de bon miel artisanal de fleurs sauvages (ou de miel de sapin), 300g de confiture d’oranges à l’ancienne (très sirupeuse et avec beaucoup de morceaux d’écorces, j’utilise celle-ci), 1 sachet de levure chimique, 300ml de lait entier, 100g de beurre, 1 œuf, 40g de poudre d’amandes, 6 c.s. d’un mélange d’épices pour pain d’épices, 2 c.s. d’eau de fleur d’oranger, une grosse pincée de sel, du sucre en gros grains et des écorces d’oranges confites pour décorer.

Préchauffez le four à 180°C.
Dans une casserole, faites tiédir le lait. Eteignez le feu et ajoutez le beurre coupé en petits dés et le miel en mélangeant bien pour que ça fonde. Dans un grand saladier mélangez au fouet les farines, la levure, les épices, la poudre d’amandes, le sel et l’œuf battu. Versez le mélange de la casserole dans le saladier et remuez bien jusqu’à obtenir une préparation lisse, incorporez ensuite la confiture et l’eau de fleur d’oranger.
Versez dans des moules biens beurrés, enfournez une vingtaine de minutes à 180°C, et poursuivre ensuite la cuisson 20 minutes à 150°C. Vaut pour des moules de taille moyenne, vous adapterez les temps de cuisson à la taille des vôtres. Sortez les pains d’épices du four, démoulez-les, et décorez-les avec les gros grains de sucre et les écorces confites.

Ensuite il faut faire les confitures, enfin plutôt avant, c’est le seul truc que j’ai eu le temps de faire la semaine dernière. Avec les cheesecakes au caramel à emporter pour le réveillon, que tout le monde s’est forcé à avaler avec des tronches de condamnés à mort parce qu’après les quiches les cakes les huitres le saumon la dinde le poisson le fromage et j’en passe, c’est un peu compliqué à faire descendre… Ca m’a même coupé l’envie d’en refaire avant l’année prochaine, je pensais pas qu’un jour j’arriverai jusqu’à l’overdose.

Enfin bref, revenons à nos belles confitures, il vous faut : 2kg de pommes granny, 1kg de sucre en poudre, 400g de sucre enrichi en pectine, le jus d’un demi citron, 3 belles gousses de vanille, 140g de bon beurre aux cristaux de sel de Guérande.

La veille, épluchez les pommes et détaillez-les en gros cubes, ajoutez les sucres par dessus dans un grand saladier, recouvrez d’un torchon et laissez macérer toute la nuit.
Le lendemain ajoutez le jus de citron et portez à ébullition. Laissez cuire à petits bouillons une quarantaine de minutes en mélangeant régulièrement. 10 minutes avant la fin de cuisson, ouvrez les gousses de vanille dans la longueur, grattez l’intérieur, ajoutez-le dans la gamelle et remuez bien. Quand la confiture est cuite, éteignez le feu, ajoutez le beurre coupé en petits morceaux et mélangez jusqu’à ce qu’il soit complètement fondu (le beurre ne doit pas cuire, ne prolongez pas la cuisson après).
Remplissez à ras vos pots que vous aurez stérilisés pendant la cuisson de votre confiote, fermez-les et retournez les immédiatement. Laissez-les la tête en bas jusqu’au lendemain.

Et si après tout ça vous avez encore faim on peut faire des petits chats à la mélasse, avec : 400g de farine, 110g de beurre ramolli, 110g de cassonade, 1 œuf, 170ml de mélasse, ½ c.c. de bicarbonate de sodium, 1 c.c. rase de sel de Guérande, 3 c.c. de gingembre moulu, 3 c.c. de cannelle moulue, 1 c.c. de muscade rapée, 1 c.c. de girofle moulue.

Fouettez le beurre mou avec le sucre, ajoutez-y l’œuf battu et la mélasse, mélangez bien. Dans un grand saladier mélangez la farine, le bicarbonate, les épices et le sel, ajoutez ensuite au mélange précédent. Formez une grosse boule et laissez reposer au moins 3h au réfrigérateur dans un saladier couvert d’un torchon.
Préchauffez le four à 180°C. Farinez ensuite généreusement (c’est extrêmement collant) votre plan de travail et étalez la pâte en une couche de 5 à 6mm d’épaisseur. Découpez à l’emporte pièces et enfournez une dizaine de minutes sur une plaque recouverte de papier cuisson.

Reste encore à faire les derniers paquets qui partiront par la Poste. Vu que je m’y suis prise un peu tard le Père Noël est en RTT depuis deux jours maintenant, je suis obligée d’envoyer tout ça moi-même…



Le beurre l’argent du beurre et les bonnes idées de la crémière
18 décembre 2011, 02:23
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Un soir il y a plusieurs mois, en allant acheter de quoi me faire des tartines, la femme du fromager m’a dit qu’elle mettait du Bordier au yuzu dans son gâteau au chocolat. Sur le coup j’ai trouvé ça un peu curieux mais ça m’a quand même trotté dans la tête pendant des semaines. Le problème c’est que j’ai jamais eu le temps d’essayer, parce qu’à chaque fois que j’en achète la moitié du morceau de beurre disparaît dans la demi-heure qui suit.


Cette fois-ci j’ai pris les devants : j’ai acheté trois plaquettes. Et vu qu’hier j’ai tartiné celui à la vanille, et que je ne me suis pas relevée la nuit pour en manger, les deux autres sont toujours bien emballés dans leur papier.

J’ai pas demandé sa recette à la crémière alors j’ai improvisé :
Pour un moule de 15cm de diamètre il vous faut 125g de beurre Bordier au yuzu, 165g de chocolat noir à 70%, 70g de cassonade, 4 œufs, 50g de farine T55, 25g de poudre d’amandes, ½ c.c. de levure chimique, un peu de beurre doux pour le moule.


Préchauffer le four à 180°C. Faire fondre le chocolat avec le beurre dans une casserole à feu très doux. Dans un saladier battre les œufs, ajouter le sucre, la farine, la levure et la poudre d’amandes. Terminer avec le chocolat et le beurre fondus et bien mélanger. Beurrer le moule, verser la préparation et enfourner environ 25 minutes.
Laisser ensuite refroidir une bonne heure en dehors du four avant de démouler. Je sais que c’est cruel mais c’est très important. Sinon ton gâteau va s’affaisser en un truc informe que t’auras même plus envie de manger.

Et finalement c’est plus curieux du tout. C’est même carrément bon. Et j’imagine que ça doit pas être mauvais non plus avec le Bordier à la vanille, mais j’en ai plus assez pour essayer…
Maintenant il va falloir éviter de tout manger avant que monsieur rentre du boulot. Dur.



Oyez ! Oyez ! Le Bordier nouveau est arrivé !
16 décembre 2011, 20:52
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Après une charmante journée de partiels, d’exposés, de douches froides, de parapluie retourné, et de délicieuses odeurs dans des salles surchauffées, mes camarades d’amphi doivent certainement se presser pour aller fêter les vacances avec de la mauvaise bière. Moi je préfère les tartines beurrées. Chacun son truc après tout…

Parce que j’avais demandé à mon fromager de me mettre de côté les deux nouveaux Bordier dès qu’il les recevrait, et qu’aujourd’hui ça pouvait pas mieux tomber. Je suis donc rentrée, mon précieux butin dans le sac, avec la ferme intention de lui faire un sort sans trop tarder. J’ai malgré tout résisté à ma furieuse envie de mordre dedans pendant l’interminable trajet en bus. Parce qu’avec le brie aux truffes dans la voiture ça passe encore, mais la plaquette de beurre dans le bus… on risquerait peut-être de croire que je suis un peu givrée…
Et après avoir hésité une bonne vingtaine de minutes entre les deux, j’ai choisi celui à la vanille pour le goûter. Celui à l’huile d’olive citronnée gagne seulement quelques heures de répit…

La tartine de quand j’étais petite, la classe en plus :
Coupez de belles tranches dans une bonne baguette (pas celle du supermarché sinon ça fout tout en l’air), tartinez avec le nouveau beurre Bordier à la vanille de Madagascar, et recouvrez de gros copeaux de chocolat noir râpés au couteau.




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