534 pages avant la fin du monde


La torta di mele di Gabriella (ou presque)
12 décembre 2011, 17:19
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Le truc bien quand tu pars en vacances, c’est que tu peux goûter à des tas de choses que tu ne trouves pas forcément chez toi, comme un merveilleux gâteau aux pommes dans une petite rue de Courmayeur dont tu rêveras encore la nuit quatre mois plus tard.
Mais le truc chiant avec les vacances c’est qu’une fois rentrée chez toi tu te dis que tu ne peux décemment pas te taper des allers retours Dijon Val d’Aoste tous les week end juste pour un gâteau aux pommes. Ou une glace au café, une soupe à l’orge et au chou gratinée à la Fontina, une focaccia aux oignons, ou la plus fabuleuse Robiola du monde…


Pastificio Gabriella, Via Passaggio dell’Angelo 2
Courmayeur (AO)

Et puis on a déjà vu plus compliqué à préparer qu’un gâteau aux pommes. Le problème c’est que tu t’appelles pas Gabriella et que t’arriveras jamais à refaire EXACTEMENT le même. Tu sautes de joie pendant vingt minutes à t’en trouer les chaussettes après avoir trouvé dans un bouquin la recette traditionnelle du gâteau aux pommes valdôtain, sauf qu’il est fait avec du pain, et celui de Gabriella avec de la farine. Les ingrédients étaient marqués sur une ardoise dans la vitrine ça facilite les choses sauf qu’il manquait les quantités, ça aurait été trop simple. Et en fouillant dans d’autres bouquins tu trouves deux autres recettes de gâteaux aux pommes de la région encore différentes, alors tu jettes ton tablier de désespoir en allant regarder les horaires de train pour Courmayeur.


Après avoir tiré la tronche devant les prix et mis du gras plein le clavier de l’ordinateur, tu retournes pleurer devant tes gamelles. Après tout elle se prend pour qui cette Gabriella, c’est pas la seule à savoir faire un gâteau aux pommes… Et puis de toutes façons je suis pas fichue de suivre une recette à la lettre sans rajouter des trucs, alors j’aurais pû kidnapper la cuisinière pour lui tirer les vers du nez que j’aurais quand même tout transformé…


La torta di mele di Alaska : 4 pommes reinettes (ou 5 en fonction de leur taille), 200g de farine 00, 75g d’amandes en poudre, 3 œufs, 150g de beurre, 150g de miel de sapin, 100ml de lait entier, 100ml de marsala aux amandes, 1 c.c. de levure chimique, 1 c.c. de sel de Guérande.

Préchauffez le jour à 250°C. Epluchez les pommes et coupez-les en gros morceaux, disposez-les au fond d’un grand plat et arrosez-les avec le marsala. Mélangez bien et enfournez 10 minutes pour précuire les pommes. Laissez refroidir dans le plat.
Baissez la température du four à 200°C. Dans un grand saladier mélangez la farine, les amandes, les œufs, le beurre ramolli coupé en petits morceaux, le miel, la levure et le sel. Mélangez bien pour obtenir une pâte homogène, et incorporez ensuite le lait. Conservez un tiers des morceaux de pommes et mélangez le reste à la pâte. Versez le mélange dans un moule haut bien beurré, et ajoutez le reste des pommes sur le dessus. Enfournez environ 50 minutes.
Servez avec une bonne cuillère de crème fraiche du fromager.

On trouve beaucoup d’autres bonnes choses chez Gabriella mais je vous en parlerai une autre fois, aujourd’hui je suis pas d’humeur j’ai la crève et des tas de cours à réviser.



Des tartines et des bonnes excuses

Parce que j’ai jamais le temps de rien faire. Et parce qu’il y a quelques mois j’avais préparé quelques belles tartines pour ce dossier là, mais j’ai pas trouvé une minute pour en parler ici. Honte à moi, j’irai brûler en enfer, tout ça tout ça.
Parce qu’il y en a qui vont commencer à croire que je suis rien qu’une sale feignante parce qu’il faut pas cinq mois pour écrire un post, quand même. Mais il fallait terminer les travaux dans la nouvelle maison. Parce qu’on avait eu la bonne idée de prévoir notre repas de mariage chez nous début août, en se disant qu’on aurait bien le temps de tout finir avant. On s’est donc inévitablement retrouvé la tronche dans le plâtre, l’enduit, la peinture et la sciure de parquet du soir au matin, et on a oublié de dormir pendant quelques mois. Sans compter qu’après il fallait déménager, préparer le mariage, trouver quand même deux semaines pour partir à la montagne et c’était déjà la rentrée.
Et avec tout ça j’ai même pas eu le temps de crâner avec ma nouvelle cuisine Perene et mon four Neff.
Mais mieux vaut tard que jamais hein, comme on dit. Alors malgré mon retard monumental voici donc quelques tartines hors saison à préparer l’été prochain. Je sais, on n’y croyait plus.

Tartines de pain de seigle aux noix, chèvre frais, pêches blanches et gelée de vin rouge.
Faites dorer les tranches de pain quelques minutes sous le grill du four, puis laissez refroidir deux minutes avant de poursuivre.
Tartinez généreusement les tranches avec un bon chèvre frais au lait cru, et ajoutez une cuillère de gelée de vin rouge sur chaque tartine.
Lavez bien la pêche et détaillez-la en belles tranches sans l’éplucher. Ajoutez deux à trois tranches sur chaque tartine, et terminez par un filet de crème de balsamique.

Tartines de brioche, fraises, framboises, et beurre au yuzu.
Coupez de larges tranches dans une belle brioche, faites-les légèrement griller au four, puis laissez refroidir deux minutes avant de poursuivre.
Tartinez généreusement de beurre Bordier au yuzu (il paraît qu’il y en a un tout nouveau à la vanille, et un autre à l’huile d’olive, il va falloir que je teste ça), ajoutez des fraises et framboises fraiches, terminez en râpant le zeste d’un citron vert sur les fruits.

Tartines de pain aux céréales, brie aux truffes, confiture de poires et noisettes.
Epluchez deux poires et coupez-les en petits dés. Dans une casserole, portez-les à feu vif avec 2 c.s. de miel de forêt et 2 c.s. de sucre à confiture (enrichi en pectine), laissez cuire à petits bouillons une vingtaine de minutes en mélangeant régulièrement. A mi-cuisson donnez un très léger coup de mixeur, il doit rester beaucoup de morceaux. Versez dans un pot et réservez à température ambiante.
Faites dorer les tranches de pain quelques minutes sous le grill du four.
Dressez de grosses parts de brie aux truffes sur les tranches de pain sortant du four, ajoutez une grosse cuillère de confiture de poire et quelques noisettes coupées en morceaux.

Tartines de focaccia, ricotta, citrons confits et basilic.
Dans un bol, délayez 8g de levure de boulanger sèche dans 15cl d’eau tiède avec 1 c.c. de sucre, laissez reposer 10 minutes le temps qu’elle se réveille. Préparez la pâte de la focaccia en mélangeant dans un saladier 350g de farine T55, 10cl d’huile d’olive, 1 cuillère à café de sel fin et le bol de levure. Pétrissez une dizaine de minutes, couvrez le saladier avec un torchon humide et laissez reposer 2 heures.
Préchauffez votre four à 240° C. Dégazez votre pâte et étalez-la ensuite sur une grande plaque allant au four recouverte de papier cuisson. Formez des petits creux sur toute la surface de la pâte avec le bout de vos doigts. Dans un bol, battez rapidement à la fourchette 1 c.c. de gros sel avec 3 c.s. d’huile d’olive et 2 c.s. d’eau, et étalez ce mélange sur la pâte en veillant à ce que le sel soit bien réparti. Enfournez 20 à 25 minutes, la focaccia est prête quand elle commence à dorer.
Découpez de gros carrés dans la focaccia encore tiède. Mélangez 6 c.s. bombée de ricotta et 2 c.s. bombées de mascarpone et recouvrez chaque carré de focaccia avec. Recouvrez généreusement de marmelade de citrons de Sicile et ajoutez quelques fines tranches de citron confit au sel.
Terminez avec des pignons de pin que vous aurez dorés à sec dans une poêle très chaude, et décorez de feuilles de basilic frais.

Retrouvez le dossier tartines complet sur CuisineAZ, mes tartines, et mon interview si vous m’aimez tellement qu’il vous en faut encore.



Crumble et déconfiture
3 décembre 2011, 22:54
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Il va neiger je suis déjà de retour.
Parce que ce weekend j’ai décidé de rien foutre. A part manger, prendre encore un kilo, photographier ce que je mange, jouer avec le chat orange, me laver les cheveux et puis finir le livre bleu. Et peut-être regarder un film ce soir. Finalement ça fait quand même pas mal de trucs. Ca craint. Mais le crumble il compte pas je l’ai fait hier soir et c’était vendredi c’était presque encore pas tout à fait le weekend.

Donc j’ai fait un crumble. Voilà. Avec de la truite en solde parce qu’il paraît que c’est un peu plus la crise maintenant que d’habitude, mais je sais pas vraiment s’il y a une différence à part qu’il y a plein de trucs en solde. Ca devrait être plus souvent la crise finalement. Ca donnerait presque envie d’aller faire un tour en Grèce pour voir s’ils ont des courges soldées. Et faudrait qu’ils pensent à nous trouver un nouveau mot, un truc un peu plus pire, genre « putain de grosse faillite de la mort » histoire qu’on y croie un peu, sinon on va finir par s’ennuyer.

Je voulais aussi y mettre des marrons, que j’étais évidemment persuadée d’avoir dans un bocal au fond d’un de mes placards mais il s’est trouvé que non, et vu que sortir sous la flotte à vingt heures passées et me taper dix bornes en bus pour en trouver ne m’emballait pas des masses je me suis dit que ça serait tout de même mangeable si je m’en passais…

Crumble de truite et butternut au pain d’épices : il vous faut une petite butternut, trois filets de truite, un gros morceau de vrai bon pain d’épices tout collant plein de miel, 2 oranges, de l’huile de noix, 1 c.s. rase de miel de forêt (ou de chataignier, ou n’importe quel autre miel brun corsé et de qualité), une pointe d’épices pour pain d’épices, du sel.

Préchauffez le four à 240°C. Râpez finement le zeste d’une des oranges et gardez-le de côté. Pressez les deux oranges, coupez les filets de truite en morceaux et laissez-les mariner une bonne heure dans le jus, de préférence hors de portée du chat, même s’il en est à sa quinzième tentative infructueuse de pillage du plan de travail depuis que vous avez sorti le poisson, mieux vaut tout de même rester prudent.
Epluchez la butternut, coupez-la en petits morceaux, mettez-les dans un plat et arrosez légèrement d’huile de noix. Enfournez 30 à 40 minutes. Sortez le plat du four, écrasez grossièrement, salez, ajoutez les épices, le miel et les zestes d’orange et mélangez bien.
Jetez le jus de marinade ou donnez-le au chat et disposez les morceaux de truite au fond d’un plat, ajoutez la courge par dessus, et terminez en émiettant le pain d’épices par dessus (des grosses miettes hein, pas de la farine).
Enfournez à 220°C une petite dizaine de minutes jusqu’à ce que le pain d’épices commence à brunir, et servez immédiatement avec une bonne crème fraiche.




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