
Parce qu’aujourd’hui on est moderne… Sauf qu’on n’a toujours pas d’iphone, ni de machine à pain ni Kitchenaid et autres trucs tout nazes qui ne font même pas le café, en plus. On n’a même pas les chaines du satellite, juste la parabole (laissée là sur le toit par les anciens propriétaires qui n’avaient pas envie de la dévisser). On n’a pas encore trop compris à quoi servent un nail bar, un life coach ou un ipad (c’est comme mon macbook mais en moins bien c’est ça ? le coach je veux dire). On fait toujours nos confiotes à la maison dans une marmite de l’âge de ma grand-mère et on a un peu de mal à faire confiance à des gens qui n’ont pas connu les Raiders et Bibifoc…

C’est là que tu comprends que t’as vieilli. Quand tu te rends compte que t’es passé de l’époque à laquelle t’essayais d’expliquer par aplusbé à tes parents ahuris ce qu’était Internet et le php avec ta tête de geek de fin des années 90 qui jouait à Counter Strike en réseau pendant des heures au lieu de dormir la nuit, à celle où c’est toi qui maintenant regarde les mômes l’air effaré quand ils essayent de t’expliquer d’un air sérieux que si t’as pas l’appli machin qui envoie tous tes trucs sur ta page facebook n’importe quand n’importe où même pendant que t’es en cours t’es vraiment trop has been (enfin non parce qu’aujourd’hui c’est trop has been de dire has been, enfin tu me comprends)…

Mais on a testé la livraison à domicile (vois comme on résiste bravement à se laisser enterrer comme de vulgaires fossiles antédiluviens et qu’on sait nous aussi savourer les plaisirs de la modernité) ! Pas celle de Monoprix, qui j’en suis sure ne manque pas d’avantages, mais la livraison Barbara fruits et légumes frais en 48h dans ta boite aux lettres !

Parce que je vis retirée de toute civilisation et ici on ne trouve pas de bergamotes. Enfin si, j’en ai vu dans une petite boutique quelques jours après, mais il n’y en avait que trois et ça aurait fait un peu juste pour une dizaine de pots de confiote… Et Barbara qui habite là où on trouve tout plein de boutiques avec tout ce qu’on veut à l’intérieur m’a fait un petit paquet. Ou plutôt un gros. Qui contrairement à ceux qui contiennent des pots de confiote est arrivé indemne, son contenu également.
Donc j’ai refait la grand-mère, parce que c’est ce que je sais faire de mieux.

Pour 10 pots de confiture d’oranges et bergamotes il vous faut :
1,4kg de bergamotes et 1,4kg d’oranges (bio, et pas ces nouveaux attrape-crétins de fruits « non traités après récolte » parce que du coup ils sont traités avant récolte et t’avales presque autant de saloperies quand tu manges la peau), 1,5kg de sucre en poudre, 1,5kg de sucre enrichi en pectine, 200ml d’eau.

La veille au soir (prévoyez bien trois heures, c’est long), lavez vos fruits, coupez-les en deux, retirez les pépins avec une pointe de couteau et tranchez-les finement à la mandoline. Coupez ensuite les tranches en 4, et rassemblez tout dans un très grand saladier en essayant de ne pas perdre trop de jus. Le mieux c’est de s’installer sur une planche à découper moderne avec un récupérateur de jus creusé tout autour (comme quoi aujourd’hui on ne fait pas que des conneries inutiles).
Ajoutez les sucres par dessus, recouvrez d’un torchon propre et laissez macérer une nuit, de préférence dans une pièce à laquelle le chat n’a pas accès.
Le lendemain versez le contenu du saladier dans une grande marmite. Ajoutez l’eau et portez à ébullition en remuant régulièrement et laissez cuire à petits bouillons 30 à 40 minutes. La partie blanche de la peau des fruits doit devenir translucide.
Faites bouillir vos pots, couvercles, entonnoirs et le reste quelques minutes dans une grande marmite d’eau pour les stériliser.
Quand la confiture est cuite remplissez vos pots à ras, fermez bien, retournez et laissez refroidir complètement à température ambiante. Remettez vos pots dans le bon sens le lendemain.

Barbara je t’enverrais bien un pot mais il va falloir avant que je me renseigne sur ce qui se fait de très moderne pour protéger les trucs cassants, je voudrais pas qu’il arrive dans le même état que celui de Noël malgré ses quatre épaisseurs de papier bulle…
Et à propos de trucs modernes, quelqu’un peut m’expliquer à quoi sert Pinterest ? J’avoue que j’ai du mal à suivre…
Filed under: Non classé | Tags: châtaignes, farine de châtaignes, miel de châtaignier, purée de châtaignes, tarte

Parce qu’il m’arrive des fois de préparer des plats qui ne contiennent pas de fromage. Je sais c’est rare, il me faut une bonne raison (c’en est une), mais tout de même.
Et parce que peu de temps après Noël j’ai reçu un joli cadeau de la part d’Amélie, que je n’ai pas été la seule à apprécier à la maison. Non, le chat orange n’en a pas encore mangé les pages (il a par contre essayé à plusieurs reprises se fourrer son museau dans le saladier pendant que je préparais les recettes).
Mais Chouchou a ses pages préférées, qu’il ne mange pas non plus rassurez-vous, mais qu’il contemple régulièrement avec sur la figure un air implorant de dis-tu-voudrais-pas-me-préparer-la-terrine-là-et-je-sortirai-la-poubelle-pendant-trois-semaines-promis-promis-je-te-jure. Oui bon je sais c’est déjà lui qui sort la poubelle tous les jours. Et je lui ai toujours pas fait sa terrine. Je serai maudite jusqu’à la fin des temps et j’irai brûler en enfer.

Par contre je lui ai déjà fait deux fois la tarte aux châtaignes en l’espace de deux semaines. La page de la tarte c’est ma page préférée, enfin c’était, maintenant c’est aussi une des siennes, on va finir par se battre, Amélie tu devras décider de qui aura la garde de ton bouquin après le divorce ! C’est ta faute.
Mais maintenant j’ai une nouvelle tarte préférée à ajouter à ma liste déjà longue de tartes préférées…

Mais je suis très méchante, je l’ai un petit peu transformée. Parce que je voulais faire une tarte très très épaisse alors j’ai divisé par deux les quantités d’ingrédients de la pâte, en conservant la totalité de l’appareil, pour avoir une tarte plus petite mais doubler l’épaisseur.

Pour la pâte (doublez les quantités pour la recette originale et utilisez un moule plus grand) : 125g de farine de châtaignes, 62,5g de beurre, ½ œuf battu, 35g de sucre en poudre (j’ai utilisé de la cassonade), ½ c.c. de crème fraiche entière, une pincée de sel.
Pour l’appareil : 200g de purée de châtaignes, 125g de miel de châtaignier, 2 œufs battus, 50g de poudre d’amandes (amandes effilées dans le livre, mais je m’en suis rendue compte après avoir acheté des amandes en poudre haha… mais c’est très très bon comme ça aussi), 15cl de crème fraiche entière, 1 petite c.s. de farine de châtaignes (que j’ai rajoutée, vu l’épaisseur de mon appareil j’ai eu peur que ça s’écroule si ça n’était pas assez ferme), une pincée de sel.

Mélangez les ingrédients de la pâte avec les doigts tout en essayant d’empêcher le chat orange de gober le bol d’œufs crus (c’est son plat préféré…), et étalez dans un cercle de 18cm de diamètre sur une plaque recouverte de papier cuisson. Piquez la pâte à la fourchette et faites-la précuire à blanc une petite vingtaine de minutes à 180°C.
Mélangez les ingrédients de l’appareil, versez dans le fond de tarte et enfournez à nouveau une demi-heure (20 minutes seulement si vous faites une tarte plus grande et moins épaisse).

Laissez refroidir avant de goûter, sinon ça brûle la langue vraiment très fort…
Et prévoyez de quoi en refaire une bientôt (ou planquez le reste de la tarte si vous n’êtes pas seule à la maison), c’est tellement bon que ça se mange vraiment vraiment très vite…





Et la semaine prochaine je fais le pain de petit épeautre !
Filed under: Non classé | Tags: chou vert, fontina, orge perlé, pain, seuppa alla valpellinentze, soupe valpelline

Parce que les bons plats d’hiver, tout le monde le sait, sont bien meilleurs en plein été. La fondue se déguste fin août après une soupe d’orties bien chaude, la tartiflette en terrasse fin juillet, et la soupe valpelline dans un mignon resto de l’autre côté des Alpes quelque part aussi à cette période là.
Mais rien n’empêche d’être un peu nostalgique des soirs d’été en plein hiver…

Parce qu’il existe des choses (dans mon cas très souvent pleines de fromages) dont on rêve toutes les nuits même plus d’un an après y avoir goûté. Et ça te court après au point que quand d’autres se ruinent les sinus des heures durant en reniflant 350 parfums dans ces boutiques insupportables toi tu rêves de l’odeur d’une grosse gamelle pleine de fromage. Quand on te parle du mec-dans-le-film-qu’il-est-tellement-trop-beau-tu-vois toi t’imagines à la place de sa tête une grosse gamelle de soupe pleine de fromage, accompagnée d’une douce haleine de Fontina… Et quand partout ça parle saint-valentin-et-toi-qu’est-ce-que-tu-crois-qu’il-va-t’offrir toi tu rêves juste d’une grosse gamelle de soupe garnie et bien épaisse pleine de fromage coulant avec du pain du chou de l’orge des pommes de terre et le petit vin blanc qui relèguera au rang d’infâme piquette tous ceux que t’auras pu goûter avant.

Bon, à l’origine, dans la soupe valpelline y’a ni orge ni vin blanc. Mais pendant que je dévorais mon bol il y a deux ans dans le mignon petit resto de l’autre côté des Alpes (tu suis ?) Monsieur s’attaquait à sa gamelle de soupe à l’orge tout aussi valdôtaine et délicieuse. Et l’an dernier on est rentrés de Morgex le coffre chargé d’un stock de précieuses bouteilles alpines. Alors quoi de mieux que tout mélanger dans la même marmite pour raviver les souvenirs ?

J’avoue que l’expérience est périlleuse, la recette de base étant aussi légère que le cul d’une vache valdôtaine, il faut savoir ce qu’on fait en y rajoutant quelque chose. Mais j’avoue que le résultat est plutôt concluant et que je pourrais presque rivaliser avec Pam Pam (parce qu’il faut bien crâner un peu de temps en temps).

Pour une belle grosse gamelle à partager à deux il te faudra :
Le tiers d’un gros chou vert, ½ verre (avant cuisson) d’orge perlé, 1 pomme de terre moyenne, 3 ou 4 très grosses tranches de pain de seigle (ou blé complet, ou petit épeautre…), 200g de Fontina, ½ verre de vin blanc de Morgex, 1,5 litre de bon bouillon de légumes (Ariake), 25g de beurre.
Cuire l’orge perlé une bonne heure à petits bouillons dans le bouillon de légumes (ça va réduire, c’est normal, c’est pour ça qu’il faut prévoir une bonne quantité de bouillon).
Cuire la pomme de terre dans une casserole d’eau et l’éplucher ensuite. Laver et couper le chou grossièrement. Le blanchir une première fois avant de le cuire dans une grosse casserole d’eau légèrement salée.

Préchauffer le four à 220°C.
Dorer légèrement les tranches de pain sous le grill, ajouter quelques lamelles de Fontina par dessus et laisser au four une minute de plus pour que ça commence tout juste à fondre. Disposer ensuite les tartines dans une jolie gamelle sur les côtés, ajouter la pomme de terre taillée de gros dés au milieu, puis le chou bien égoutté.
Verser l’orge avec le bouillon jusqu’à presque remplir la marmite, râper tout le reste de la Fontina par dessus et ajouter le vin blanc. Recouvrir du beurre coupé en tranches fines.
Enfourner une vingtaine de minutes jusqu’à ce que le fromage soit bien doré et servir chaud.
Déguster à deux, à la cuillère à soupe, directement dans la gamelle, avec le reste de la bouteille de vin.


















